La chapelle du Saint-Esprit

La chapelle du Saint-Esprit

C’est en février 1958 que Mgr Feltin, Cardinal Archevêque de Paris vint poser la première pierre de la chapelle qui devait alors porter le nom de chapelle Saint-Genest en mémoire de la première église de Villemomble.

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Historique

Au fil du temps, les dimensions de la chapelle furent réduites à celles qui sont les siennes aujourd’hui moyennant divers aménagements des lieux.

La chapelle Saint-Genest fait corps avec l’église Saint-Louis de Villemomble. Construite  à l’initiative des Chantiers du Cardinal par l’architecte Sorin elle est cependant propriété de la commune de Villemomble. Sa surface totale est de 350 M2.
chapelle st genest avant

Elle se présente comme une vaste salle dont la façade nord est constituée d’un ensemble de claustras de grande qualité, qui diffuse une lumière blanche très agréable.

Cette chapelle comportait un chœur à l’est d’environ 50 M2 (photo ci-dessus). Il était surélevé d’une marche, et l’autel était situé sur un podium d’une marche supplémentaire. Cet autel est aujourd’hui disparu.

A l’origine ce chœur s’ouvrait sur la chapelle tout en longueur comme la disposition tridentine des églises le permettait. Depuis plus de 30 ans, ce chœur n’était plus utilisé. Un rideau le séparait du reste du volume.

Une cloison coulissante en forme de rideau fermait la chapelle à environ 10m du chœur. Cet espace de 10m/10,5m était utilisé comme chapelle de semaine. Le reste de la chapelle était utilisé comme grande salle de réunion, l’ancien chœur derrière son rideau servait de débarras.

Quel fut le projet de la paroisse ?

Le chœur n’était pas vraiment rectangulaire. 5 m de profondeur, 10,5m de largeur, le coin sud est du chœur est arrondi. La hauteur sous plafond est d’environ 5 m. Ce plafond est suspendu constitué de panneaux comme on en trouve dans des bureaux. Il est récent.

L’éclairage de la nef était constitué par des cylindres suspendus qui ne sont pas de vilaine facture. Aucun éclairage dans l’ancien chœur.
Le fond du chœur était constitué par un grand mur vertical. Ce grand mur à l’évidence demandait à être animé. Une fresque? Un vitrail? (ce qui nécessiterait de percer une fenêtre qui se trouvera en concurrence avec les claustras fort vigoureux de la façade nord)…

 

Il était certain qu’il fallait faire appel à un architecte qui écoute les désirs de la paroisse, et propose des solutions.

Le Père Lacharpagne consulté, propose de faire appel à Wandrille Thieulin qui a  réalisé la chapelle St Joseph de Livry Gargan.

C’est le projet de cet architecte, en accord avec le Père Mathieu de Warren et une petite équipe de paroissiens qui fut présenté au fond de l’église St-Louis. Nous vous en donnons un aperçu avec ce dessin

plans st genest au 22 juin 2012

 

Finalement, une première tranche de travaux a commencé au mois d’octobre 2013 et s’est terminée à Noël de la même année. Cela fut possible grâce à la générosité de l’entrepreneur qui a bien voulu commencer sans avance de règlements.  La chapelle sera dédiée au Saint Esprit en accord avec l’itinéraire chrétien inscrit dans l’église qui aboutit  à la Pentecôte dans la chapelle.

Le retable et le mobilier liturgique seront en place à l’été 2015. Il a été choisi des représentations figuratives de scènes bibliques évoquant le Saint-Esprit pour décorer le retable. La paroisse a fait appel à un copte qui écrit en ce moment  les icônes du retable. Dans les circonstances actuelles, cette collaboration avec nos frères d’Orient qui souffrent nous aidera à prier d’un seul coeur, et pourquoi pas, à créer des liens…

Vous voyez que les couleurs retenues sont celles de la Création, la terre (sable et marron), les végétaux et le ciel – la lumière qui rentre par les claustras montre l’Esprit Saint à l’oeuvre au commencement de la Création ; les 13 ampoules en forme de goutte représentent le don de l’Esprit aux Apôtres et à la Vierge Marie au commencement de l’Eglise.

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Au premier semestre 2015, le retable est terminé puis l’autel taillé et monté. Le 21 juin, le Père Doussal, vicaire général du diocèse de Saint-Denis,  dédicace l’autel lors d’une messe qui rassemble 70 paroissiens.

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Pourquoi le Saint-Esprit ?

Outre l’itinéraire chrétien de l’église St-Louis – chapelle de la Vierge, Baptistère, confessionnal et monument aux morts puis chapelle du Saint-Sacrement – qui a conduit à ce choix, c’est la personne même du St-Esprit que nous avons voulu honorer. « La vie chrétienne consiste en l’acquisition du Saint-Esprit » disait saint Séraphim de Sarov, staretz du 19è siècle qui a profondément marqué l’église russe avant la révolution bolchévique.

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Pour bien des chrétiens, il s’agit certainement de la Personne la plus mystérieuse de la Trinité.

Dieu le Père, origine première de tout, autorité transcendante et bonté infinie pour tous ses enfants, les chrétiens le conçoivent relativement aisément.

Jésus le Fils a assumé notre nature humaine pour accomplir en elle notre salut.

Les chrétiens connaissent la vie du Christ grâce à la lecture et à la méditation des Quatre Évangiles qui constituent avec les Actes des Apôtres, les Épîtres de saint Paul, les Épîtres catholiques et le livre de l’Apocalypse ce que l’on appelle le Nouveau Testament.

 

 

Mais le Saint-Esprit reste difficile à saisir même pour les chrétiens.

Or, l’Esprit est à l’œuvre depuis la Création :

« Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme et un souffle de Dieu agitait la surface des eaux. » (Gn I, 2)

Puis il a jadis « parlé par les prophètes » (Symbole de Nicée-Constantinople) avant d’être auprès des disciples et en eux pour les enseigner et les conduire « vers la vérité tout entière » (Jn XVI, 13).

 Toute la chapelle se trouve ainsi centrée sur la troisième personne de la Trinité.

L’Esprit étant présent dès la Création, les couleurs des murs rappellent cette Création :

 

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– vert pour les végétaux,

– sable pour les minéraux,

– bleu pour les eaux, celles du haut (le ciel) et celles du bas (les océans).

 

Si l’on considère le retable situé derrière l’autel, on observe qu’il est constitué de losanges dans lesquelles s’insèrent douze icônes.

Pourquoi des losanges ?

6– Pour répondre aux claustras qui adoptent la même forme et constituent l’unique source d’éclairage naturelle de la chapelle.

4– Parce que le losange renvoie à l’image de la mandorle qui symbolise la vie divine dans l’art chrétien tant oriental qu’occidental.

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Un Christ en majesté réalisé par le sculpteur Pascal Beauvais sépare deux séries de six icônes qui, toutes évoquent le Saint-Esprit.

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Le Christ en majesté

 Au-dessus du Christ, on peut observer la main du Père, puis la colombe symbolisant l’Esprit Saint et enfin le Christ qui porte la chasuble rouge du Prêtre de l’Alliance Nouvelle et la couronne du Roi des Rois et du Seigneur des Seigneurs chanté dans le psaume 109 :

 

 Oracle du Seigneur à mon seigneur :

« Siège à ma droite,

* et je ferai de tes ennemis

le marchepied de ton trône. »

 

 De Sion, le Seigneur te présente

le sceptre de ta force :

* « Domine jusqu’au cœur de l’ennemi. »

 

Le jour où paraît ta puissance,

tu es prince, éblouissant de sainteté : *

« Comme la rosée qui naît de l’aurore,

je t’ai engendré. »

 

 Le Seigneur l’a juré

dans un serment irrévocable : *

«Tu es prêtre à jamais selon l’ordre du roi Melkisédek. »

 

 A ta droite se tient le Seigneur : *

il brise les rois au jour de sa colère.

 [Il juge les nations : les cadavres s’entassent ; *

il brise les chefs, loin sur la terre.]

 

Au torrent il s’abreuve en chemin, *

c’est pourquoi il redresse la tête.

 Les icônes

 Elles ont toutes été écrites par un jeune iconographe copte égyptien très talentueux, Armia El Katcha, disciple du père du renouveau de l’icône copte, Isaac Fanous (1919-2007) qui fut à l’origine de la  fondation du Centre d’Art Copte Contemporain au Caire.

 

Présentation de l’icône copte

Isaac Fanous disait:

Ma technique et mon système symbolique sont anciens, mais ma grammaire est moderne !

Il y a une continuité de l’art égyptien de l’Antiquité à l’art copte.Sans titre 2

Pour Armia, à la suite de son maître Fanous, l’innovation est autorisée – contrairement à l’iconographie byzantine – du moment qu’elle est conforme au dogme chrétien.

 

La composition de l’icône copte présente une structure géométrique forte et une apparente naïveté qui se révèle très savante. Elle commence avec le cercle de l’auréole, au centre de laquelle passe la croix : c’est la forme parfaite et divine qui est la mesure de tout le corps.

L’icône copte est moins austère que l’icône byzantine : couleurs éclatantes, possibilité d’innovation. Elle est riche d’allusions à la liturgie copte, à l’Égypte pharaonique ou populaire. Elle peut ainsi être cernée d’un cartouche comme dans les hiéroglyphes.Sans titre 3

(Marie-Gabrielle Leblanc, commissaire de l’exposition L’icône copte, l’art des chrétiens du Nil, 25 juillet/8 octobre 2013)

 

Lectures des icônes du retable

Plusieurs lectures sont envisageables.

Nous avons choisi de les expliquer en suivant le thème de l’appel de Dieu à la sainteté.

Pour ce faire, nous commencerons notre lecture par les icônes se trouvant à gauche du Christ en débutant par la partie inférieure gauche.

 

1. Appel du prophète Isaïe :

« L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. […] Malheur à moi, je suis perdu ! Car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le Roi, Yahvé Sabaot. IMG_6500

L’un des séraphins vola vers moi, tenant dans sa main une braise qu’il avait prise avec des pinces sur l’autel. Il m’en toucha la bouche et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres, ta faute est effacée, ton péché est pardonné.

Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait : Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? Et je dis : Me voici, envoie-moi. » (Is VI, 1-8)

 

L’icône représente Isaïe lorsque l’ange lui touche les lèvres avec une braise. Derrière le prophète, sur un trône siège le Christ.

Pourquoi le Christ alors qu’Isaïe est un prophète de l’Ancien Testament, envoyé par Dieu bien longtemps avant la naissance du Christ ?

Il s’agit d’une référence à saint Jean qui, dans son évangile rapporte :

« […] Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de Sa gloire (Jésus) et qu’il parla de Lui. »

(Jn XII, 41)

 

2. Le buisson ardent :

L’icône relate l’épisode du buisson ardent où Moïse, sur le mont Sinaï, rencontre Dieu sous la forme d’un buisson en feu qui, pourtant ne se consume pas.

IMG_6497« […] L’Ange du Seigneur lui apparut, dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson. Moïse regarda : le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas. […] Et Dieu l’appela du milieu du buisson : Moïse, Moïse, dit-il, et il répondit : Me voici. Il dit : N’approche pas d’ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. Et il dit : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Alors Moïse se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu »

(Ex III, 2-3 ; 4-6)

La Vierge Marie est représentée au milieu du buisson ardent, un buisson qui devient préfiguration de la virginité et de la maternité divine de Marie.

Il s’agit d’une très ancienne interprétation connue dès les premiers Pères de l’Église.

 

Ainsi Grégoire de Nysse (IVème siècle) explique :

« Ce qui était préfiguré dans la flamme et dans le buisson fut manifesté ouvertement dans le mystère de la Vierge. Comme sur le mont le buisson brûlait mais ne se consumait pas, de même la Vierge mit au monde la Lumière mais ne se corrompit pas. » (Orario in diem natalem Christi)

 

De même une hymne mariale de la liturgie éthiopienne proclame :

« Tu es le buisson que Moïse a vu au milieu des flammes et qui ne se consumait pas et qui est le Fils du Seigneur. Il vint et il habita en tes entrailles et le feu de sa divinité ne consuma pas ta chair. Prie pour nous, o Sainte ! »

 

3. Le baptême de l’Ethiopien :

L’icône conte ici le baptême d’un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Éthiopie, par le diacre Philippe.

« […] qui était venu en pèlerinage à Jérusalem, s’en retournait, assis sur son char, en lisant le prophète Isaïe. L’Esprit dit à Philippe : Avance et rattrape ce char. Philippe y courut, et il entendit que l’eunuque lisait  le prophète Isaïe. Il lui demanda : Comprends-tu ce que tu lis ? Et comment le pourrais-je, dit-il, si personne ne me guide ? Et il invita IMG_6495Philippe à monter et à s’asseoir près de lui. […] Philippe prit alors la parole et, partant de ce texte de l’Écriture, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d’eau, et l’eunuque dit : Voici de l’eau. Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Et il fit arrêter le char. Ils descendirent tous deux dans l’eau, Philippe avec l’eunuque, et il le baptisa. […] »

(Ac VIII, 27-31 ; 35-38)

 

 

 

4. La vision de saint Pierre

L’icône représente Pierre en extase à Césarée lors d’une vision où il voit le ciel ouvert d’où descend une sorte de toile IMG_6493qui contient toutes sortes d’animaux dont un Juif pieux ne peut pas manger la viande. Or, une voix l’invite à en manger ce que Pierre refuse. La même invitation est réitérée à Pierre par trois fois puis la toile est emportée au ciel. Le lendemain, un centurion romain, païen, Corneille, invite Pierre à venir chez lui. Pierre comprend alors ce que Dieu a voulu lui révéler : les païens aussi ont accès au salut. Alors, l’Esprit s’empare de tous les païens présents et Pierre décide de leur donner le baptême.

« Vous le savez, il est absolument interdit à un Juif de frayer avec un étranger ou d’entrer chez lui. Mais Dieu vient de me montrer à moi, qu’il ne faut appeler aucun homme souillé ou impur. »

(Ac X, 9-16 ; 28)

 

Cette vision décidera Pierre à évangéliser les païens sans réticence.

Tous les épisodes bibliques repris dans ces icônes démontrent qu’à chaque expansion de l’Église, l’Esprit Saint est toujours présent.

 

Nous commencerons l’analyse des icônes situées sur la partie supérieure à gauche du Christ en Majesté en les lisant de droite à gauche.

 

5. La Pentecôte

Ici est représentée la scène fameuse de la Pentecôte telle que rapportée dans les Actes des Apôtres :

« Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel qu’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître des IMG_6491langues qu’on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Ac II, 1-4)

 

 

 

 

 

6. La crucifixion du Seigneur

Cinquante jours avant la Pentecôte, le Christ a été mis en croix et est mort. À gauche et à droite de la Croix figurent les deux larrons.

IMG_6492Au pied de la Croix se tiennent Marie et Jean, « le disciple que Jésus aimait ».

Au-dessus de la Croix, l’iconographe a représenté un calice pour signifier que le vin utilisé à chaque Eucharistie est bien le Sang du Christ présent sur l’autel lors de la consécration.

 

 

 

 

 

 

7. Le baptême de Jésus

L’icône rapporte le baptême du Seigneur dans le Jourdain par saint Jean-Baptiste. Ce dernier est vêtu conformément à toute la Tradition de l’Église : un « vêtement en poils de chameau et un pagne de peau autour de ses reins » (Mt III, 4).

Le Christ est debout dans les eaux du Jourdain et Jean-Baptiste le baptise. Au-dessus de la tête de Jésus, on peut IMG_6499voir une colombe, symbolisant l’Esprit qui descend dans son Corps le rendant sacré et rappelant ainsi à tout baptisé que son corps est sacré lui aussi puisque par le baptême reçu, il est devenu le Temple de l’Esprit.

« Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre sur lui. Et voici qu’une voix venue des cieux disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »

(Mt III, 16-17)

 

8. La Nativité et l’Épiphanie

La naissance du Christ et la visite des Mages guidés par l’étoile.

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Il faut noter que ces quatre icônes :

– La Nativité

– Le Baptême de Jésus

– La Crucifixion

– La Pentecôte

illustrent chacune un des mystères de la vie du Christ tels qu’ils sont médités dans la prière du Rosaire (qu’on appelle communément chapelet).

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– La Nativité appartient aux Mystères Joyeux médités le lundi et le samedi,

– Le Baptême du Seigneur appartient aux Mystères Lumineux médités le jeudi,

– La Crucifixion relève des Mystères Douloureux médités le mardi et le vendredi,

– Enfin, la Pentecôte est méditée le mercredi et le dimanche dans le cadre des Mystères Glorieux.

 

La dernière série d’icônes concerne les quatre évangélistes et se lit de gauche à droite sur la rangée supérieure.

 

9. Saint Matthieu

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Il est représenté avec, au-dessus de lui, le roi David, auteur des psaumes et ancêtre du Christ. Vous remarquerez aussi la pleine lune sans déclin qui signifie la permanence du royaume  éternel, celui du fils de David comme annoncé par le psaume 88 au versets 37-38 :

 

Sa dynastie sans fin subsistera
et son trône, comme le soleil en ma présence,
comme la lune établie pour toujours,
fidèle témoin là-haut !

L’iconographe a aussi écrit son symbole. Pourquoi un symbole ?

La Tradition de l’Église a vu dans un texte du prophète Ézéchiel les symboles des quatre évangélistes :

« Je discernai quelque chose qui ressemblait à quatre animaux dont voici l’aspect : ils avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes… Quant à la forme de leurs faces, ils avaient une face d’homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d’aigle. » (Ez I, 5-6 ; 10)

 

S’agissant de Matthieu, son symbole est un homme parce que l’évangile de St Matthieu débute par la généalogie humaine de Jésus, c’est-à-dire par la longue lignée des hommes qui ont précédé Joseph, père nourricier du Christ et descendant du roi David.

 

10. Saint Marc

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Contrairement à Matthieu, Marc est jeune.

Derrière lui se tient le prophète Elie nourri par un corbeau à l’époque où les descendants d’Abraham, de Moïse et de Jacob étaient retournés au paganisme et où le pays était ravagé par une épouvantable famine.

Elie, selon la Tradition, fut enlevé vers le ciel sur un char.

Le symbole de Marc est le lion parce que son évangile commence dans le désert :

« Jean le Baptiste fut dans le désert… […] »

 (Mc I, 4)

 

11. Saint Jean

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Derrière Jean se tient Moïse montrant les Tables de la loi car le Prologue (qui débute l’évangile de Jean) se termine par une allusion à Moïse :

« […] Car la loi fut donnée par l’entremise de Moïse,

la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. […] » (Jn I, 17)

Le symbole de Jean est l’aigle puisqu’il s’est élevé très haut dans la contemplation de la nature divine du Verbe de Dieu.

Par ailleurs, l’aigle est souvent interprété comme le symbole de la Résurrection, or Jean fut un témoin privilégié de la Résurrection du Seigneur au matin de Pâques.

 

12 Saint Luc

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Comme Matthieu, l’iconographe le représente vieux car il était âgé lors de la rédaction de son évangile.

On pense qu’il était peut-être Grec et médecin.

Derrière Luc, on peut observer Moïse, son frère Aaron et le peuple hébreu groupé derrière le prophète et son frère.

Aaron, frère de Moïse, était prêtre donc habilité à offrir des sacrifices à Dieu dans le Temple.

Or le symbole de Luc est le taureau, un des animaux les plus précieux que l’on sacrifiait à Dieu parce que son évangile commence au Temple de Jérusalem avec le prêtre Zacharie dont la femme Elisabeth descend d’Aaron.

« […] Or il advint, comme il remplissait devant Dieu les fonctions sacerdotales au tour de sa classe, qu’il fut, suivant la coutume sacerdotale, désigné par le sort pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y brûler l’encens. […] »

(Lc I, 8-9)

 

Cette succession d’icônes consacrées aux quatre évangélistes nous rappelle que tous les quatre nous ont transmis la foi parce qu’ils étaient inspirés par l’Esprit Saint comme les nombreux prophètes de l’Ancien Testament avant eux.

Par ailleurs, Matthieu, Marc, Jean et Luc ont le regard tourné vers le Christ en Majesté, nous invitant ainsi à centrer notre vie sur Celui qui est le chemin, la vérité et la vie.

 

 

 

INVOCATION DE L’ESPRIT SAINT

Roi du ciel, Consolateur, Esprit de vérité,
toi qui es partout présent et qui remplis tout,
Trésor de biens et Donateur de vie,
viens et demeure en nous,
purifie-nous de toute souillure
et sauve nos âmes, toi qui es bonté.

L’invocation de l’Esprit Saint est sans doute la prière la plus importante adressée à la Troisième Personne de la Sainte Trinité dans la liturgie orthodoxe : elle est récitée au début de tous les offices du rite byzantin, y compris la Divine Liturgie. Cette invocation de l’Esprit Saint fait partie de l’Office de la Pentecôte, fête par excellence de l’Esprit Saint.