Evangelii Nuntiandi

L’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi a été promulguée par le pape Paul VI le 8 décembre 1975 en la solennité de l’Immaculée Conception.

Elle est intervenue à la fin d’une Année Sainte « au long de laquelle l’Église, tendue de tout son effort vers la prédication de l’Évangile à tous les hommes n’a voulu rien d’autre qu’accomplir son office de messagère de la Rome nouvelle de Jésus-Christ, proclamée à partir de deux consignes fondamentales : Revêtez l’homme nouveau et Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (EN n°2)

Elle intervient aussi dix ans après la clôture du Concile Vatican II dont «les objectifs se résument, en définitive, à  un seul : rendre l’Église du XXème siècle encore plus apte à annoncer l’Évangile à l’humanité du XXème siècle. » (EN n°2).

Les vœux du pape Paul VI s’applique tout aussi bien aux hommes de notre XXIème siècle. Il s’agit toujours « du devoir que nous avons reçu du Seigneur de confirmer les frères… dans la mission d’évangélisation pour que, en ces temps d’incertitude et de désarroi, ils l’accomplissent avec toujours plus d’amour, de zèle et de joie. » (EN n°1)

Paul VI a eu l’intuition qu’une nouvelle Pentecôte était à l’œuvre en plein XXème siècle, une Pentecôte qui permettra notamment l’éclosion de nouvelles communautés dotées de charismes particuliers : les communautés charismatiques comme celle de l’Emmanuel par exemple, appelée à un développement à première vue inattendue dans un siècle encore très marqué par l’athéisme militant du marxisme.

Mais le pape rappelle cependant que, si l’Église doit adapter son langage et ses méthodes au monde moderne, elle doit veiller fermement à « préserver dans sa pureté intangible son patrimoine de foi » (EN n° 3) d’où trois questions :

–         Qu’est devenue de nos jours l’énergie cachée de la Bonne Nouvelle vécue par les premières communautés chrétiennes ?

–         Jusqu’à quel point et comment cette force évangélique est-elle en mesure de transformer l’homme moderne ?

–         Comment faut-il proclamer l’Évangile aujourd’hui pour que sa puissance soit efficace ?

Ces interrogations explicitent finalement la question fondamentale que se pose l’Église après le Concile Vatican II : « l’Église se trouve-t-elle, oui ou non, plus apte à annoncer l’Évangile et à l’insérer dans le cœur de l’homme avec conviction, liberté d’esprit et efficacité » (EN n°4). Une question sous-tendue cependant par une certitude : « la présentation du message évangélique (aux hommes d’aujourd’hui) n’est pas pour l’Église une contribution facultative : c’est le devoir qui lui incombe, par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent être sauvés […]C’est le salut des hommes qui est en cause. C’est la beauté de la Révélation qu’il représente.[…]Il est la Vérité. Il mérite que l’apôtre y consacre tout son temps, toutes ses énergies, y sacrifie, au besoin, sa propre vie » (EN n°5 in fine)