Je crois à la communion des saints et à la rémission des péchés

Conférence n°7 du 18 avril 2013

Article 9 : « Je crois à la sainte Église catholique, à la communion des saints » et article 10 : «  Je crois à la rémission des péchés. »

 

Avant de nous intéresser à l’article 10 du Credo, il nous reste à terminer l’étude de l’article 9 et plus spécialement la notion de « communion des saints ».

Mais auparavant, il convient de s’interroger sur la place de Marie dans le mystère de l’Église car si Marie est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu, elle est aussi vraiment « Mère des membres du Christ (…) ayant coopéré par sa charité à la naissance dans l’Église des fidèles qui sont les membres de ce Chef ». ( LG 58). « Marie Mère du Christ, Mère de l’Église ». (Paul VI, discours du 21/11/1964).

Nous verrons donc dans un premier temps les représentations iconographiques de la Vierge Marie, avant de nous attacher à l’étude de la place de Marie dans l’Église et à la communion des saints et nous terminerons en expliquant l’article 10 du Credo relatif à la rémission des péchés.

 

ICONOGRAPHIE MARIALEim1

La Pentecôte (Le Greco) : ici, comme dans de nombreuses représentations de la    Pentecôte (Fra Angelico, Le Tintoret…), la Vierge est figurée au milieu des Apôtres conformément aux récits néo-testamentaires mais aussi pour insister sur son rôle très spécifique : maintenir l’unité des Apôtres après l’Ascension de son Fils.

  

Le couronnement de la Vierge au Ciel (Fra Angelico) : dans ce couronnement, le peintre im2insiste sur Marie, Mère de l’Église. À noter que, disciple de St Thomas d’Aquin, Fra Angelico représente dans un même ensemble hommes sauvés et anges car au Ciel, tous ne constituent qu’un seul peuple.

 

 

 

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L’enterrement du comte d’Orgaz (Le Greco) : premier être humain dans la gloire de Dieu, Marie nous attire à elle et intercède pour nous maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi dans ce tableau, le comte est reçu dans les bras de Marie après sa mort.

 

 

 

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Vierge à la pomme (église Sainte Madeleine de Verneuil-sur-Avre) : cette Vierge gothique tient une pomme en sa main tout en nous montrant son Fils pour signifier que Marie conduit vers le Fils.

 

 

 

  Conversations mystiques 

 

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Marie, trône de  la Sagesse : Marie est représentée avec le Christ sur ses genoux. Vierge du XIème siècle

 

 

 

 

 

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Vierge à l’Enfant allaitant : van der Weyden : la Vierge nourrit de sa méditation et de la Parole de Dieu comme elle nourrit les chrétiens qui la prient.

 

  

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Madonna del Rosario : Luca Giordano (XVIIème siècle). L’Enfant Jésus offre par sa Mère, porte du Salut, un chapelet à Saint Dominique.

 

 

 

 

 LA PLACE DE MARIE DANS L’ÉGLISE ET LA COMMUNION DES SAINTS

1. Marie, Mère du Christ

Le rôle de Marie envers l’Église est inséparable de son union au Christ, elle en découle directement. « Cette union de Marie avec son Fils dans l’œuvre du Salut est manifeste dès l’heure de la conception virginale du Christ, jusqu’à sa mort » (LG 57).

Après l’Ascension de son Fils, Marie a « assisté de ses prières l’Eglise naissante » (LG 59).

« Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire de Ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort » (LG 59).

 

 2. Marie, Mère de l’Église

Par son adhésion entière à la volonté du Père, à l’œuvre rédemptrice de son Fils, à toute motion de l’Esprit Saint, la Vierge Marie est pour l’Église le modèle de la foi et de la charité. Par là, elle est « membre suréminent et absolument unique de l’Église » (LG 53).

Mais son rôle par rapport à l’Église et à toute l’humanité va encore plus loin.

« Elle a apporté à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère » (LG 61).

« A partir du consentement qu’elle apporta par sa foi au jour de l’Annonciation et qu’elle maintint dans sa fermeté sous la Croix, cette maternité de Marie dans l’économie de la grâce se continue sans interruption jusqu’à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après son Assomption au Ciel, son rôle dans le Salut ne s’interrompt pas : par son intercession répétée, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre Salut éternel […] (LG 62).

 

Le pape Paul VI a voulu souligner le rôle éminent de la Vierge Marie dans le mystère de l’Église en la déclarant « Mère de l’Église ».

 

 3. Le culte de Marie

« La piété de l’Église envers la Sainte Vierge est intrinsèque au culte chrétien » (Marialis cultus 56).

« Néanmoins, ce culte, bien que présentant un caractère absolument unique n’en n’est pas moins essentiellement différent du culte d’adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu’au Père et à l’Esprit Saint […] » (LG 66).

 

4. La communion des saints (art. 9 du Credo)

Qu’est-ce que l’Église sinon l’assemblée de tous les saints ? La communion des saints est précisément l’Église.

Le terme « communion des saints » a deux significations, étroitement liées : « communion aux choses saintes, sancta et communion entre les personnes saintes, sancti »

« Sancta sanctis ! » (Ce qui est saint pour ceux qui sont saints !) est proclamé par le célébrant dans la plupart des liturgies orientales lors de l’élévation des saints Dons avant la communion.

Les fidèles (sancti) sont nourris du Corps et du Sang du Christ (sancta) afin de croître dans la communion de l’Esprit Saint (Koinômia) et de la communiquer au monde.

 

a)     La communion des biens spirituels :

Dans la communauté primitive de Jérusalem, les disciples « se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac II, 42).

 

La communion dans la foi :

La foi des fidèles est la foi de l’Église reçue des Apôtres, trésor de vie qui s’enrichit en étant partagé.

La communion des sacrements :

« La communion des saints, c’est la communion des sacrements. Le nom de communion peut s’appliquer à chacun d’eux, car chacun d’eux nous unit à Dieu. Mais ce nom convient mieux à l’Eucharistie qu’à tout autre, parce que c’est elle principalement qui consomme cette communion. » (Catech. R 1, 10, 24).

 

La communion des charismes :

Dans la communion de l’Église, l’Esprit Saint « distribue parmi les fidèles de tous ordres (…) les grâces spéciales pour l’édification de l’Église. À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun » (1 Co XII, 7).

 

La communion des biens matériels :

« Ils mettaient tout en commun » (Lc XVI, 1-3) :

Le chrétien est un administrateur des biens du Seigneur (Lc XVI, 1. 3).

 

La communion de la charité :

Le moindre de nos actes fait dans la charité retentit au profit de tous, dans cette solidarité avec tous les hommes, vivants ou morts, qui se fonde sur la communion des saints. Tout péché nuit à cette communion.

 

 

b)    La communion de l’Église du Ciel et de la terre :

« En attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté accompagné de tous les anges et que, la mort détruite, tout Lui soit soumis, les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage (Église militante), d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore (Église souffrante) ; d’autres enfin sont dans la gloire contemplant dans la pleine lumière, tel qu’il est, le Dieu un en trois Personnes (Église glorieuse) » (LG 49).

« L’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels » (LG 49).

« Étant plus intimement liés au Christ, les habitants du Ciel contribuent à affermir plus solidement l’Église en sainteté (…). Ils ne cessent d’intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu’ils ont acquis sur terre par l’unique médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (…). Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité. » (LG 49)

« Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie » (St Dominique, mourant, à ses frères)

« Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » (Ste Thérèse de l’Enfant- Jésus)

 

 

 

LA RÉMISSION DES PÉCHÉS

1. Approche biblique

Dieu seul pardonne les péchés (Mc II, 7). Parce que le Christ est le Fils de Dieu, Il dit de Lui-même : « Le Fils de l’Homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre » (Mc II, 10) et Il exerce ce pouvoir divin : « Tes péchés sont pardonnés ! » (Mc II, 5 ; Lc VII, 48). Mais il va plus loin : en vertu de sa divine autorité, Il donne ce pouvoir aux hommes (Jn XX, 21-23) pour qu’ils l’exercent en Son nom.

Il a ainsi confié l’exercice du pouvoir d’absolution au ministère apostolique. En donnant part aux Apôtres de son propre pouvoir de pardonner les péchés, le Seigneur leur a aussi donné l’autorité de réconcilier les pécheurs avec l’Église. Cette dimension ecclésiale de leur tâche s’exprime notamment dans la parole solennelle du Christ à Simon Pierre : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux » (Mt XVI, 19).

Cette même charge de lier et de délier  a été aussi donnée au collège des Apôtres unis à leur chef (Mt XVIII, 18 ; XXVIII, 16-20).

La primauté de Pierre est liée à sa confession sur laquelle insiste longuement Saint Matthieu (Mt XVI, 16-20).

Saint Jean dont l’Évangile a été écrit bien après les Synoptiques, savait comment était mort Pierre : « Jésus répondit : où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; mais tu me suivras plus tard… » (Jn XIII, 36-37). «…Tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu » (Jn XXI, 16-20).

Le martyre de Pierre et sa mort apparaissent ainsi comme une continuation de la Passion du Christ.

Saint Jean donne à Pierre dans son Évangile une place que l’on ne retrouve pas chez les Synoptiques. Il a voulu montrer que le Christ a pardonné le reniement de Pierre et en a fait son vicaire après qu’il eut confessé ledit reniement.

 

2. Un seul baptême pour le pardon des péchés

Le Christ a lié le pardon des péchés à la foi et au baptême : « Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé » (Mc XVI, 15-16).

Le baptême est ainsi le premier et principal sacrement du pardon des péchés parce qu’il nous unit au Christ mort pour nos péchés, ressuscité pour notre justification (Rm IV, 25).

Cependant, la grâce du baptême ne délivre personne de toutes les infirmités de la nature humaine. Nous devons sans cesse combattre contre les mouvements qui ne cessent de nous porter au mal.

 Or, en ce combat contre l’inclination au mal, qui serait assez vaillant et vigilant pour éviter la blessure du péché ?  Il est essentiel que l’Église ait le pouvoir de remettre les péchés et il faut que le baptême ne soit pas pour Elle l’unique moyen de se servir de ces Clefs du Royaume des Cieux qu’elle a reçues du Christ. Il faut qu’Elle soit capable de pardonner leurs fautes à tous les pécheurs, quand bien même ils auraient péché jusqu’au dernier moment de leur vie.

C’est donc par le sacrement de Pénitence que le baptisé peut être réconcilié avec Dieu et avec l’Église. Les Pères de l’Église appelaient d’ailleurs la pénitence « un baptême laborieux » (St Grégoire de Naziance, ro. XXXIX, 17). Ce sacrement est, pour ceux qui sont tombés après le baptême, nécessaire au salut, comme l’est le baptême lui-même pour ceux qui ne sont pas régénérés.

« L’Église a reçu les clefs du Royaume des Cieux, afin que se fasse en Elle la rémission des péchés par le Sang du Christ et l’action du Saint Esprit. C’est dans cette Église que l’âme revit, elle qui était morte par les péchés, afin de vivre avec le Christ, dont la grâce nous a sauvés ». (St Augustin, Serm.214, 11).

 

S’agissant de la rémission des péchés, la question des indulgences est une notion  souvent mal comprise par les chrétiens.

Par les indulgences, les fidèles peuvent obtenir pour eux-mêmes et aussi pour les âmes du Purgatoire, la rémission des peines temporelles qui sont les suites des péchés.

Les indulgences sont partielles ou plénières, selon qu’elles libèrent partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché.

« Les indulgences s’obtiennent par l’Église qui, en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été accordé par le Christ, intervient en faveur d’un chrétien et lui ouvre le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père des miséricordes la remise des peines temporelles dues pour ses péchés. C’est ainsi que l’Église ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l’inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité ». (Cc Trente : DS 1835)