Qu’est-ce qu’évangéliser ?

2ème conférence, 15 octobre 2013

Chapitre II :  Évangéliser ? Qu’est-ce que c’est ?

Après l’Ascension de Notre Seigneur et après la Pentecôte, c’est à l’Église qu’il échoit de prendre le relais du Christ quant à l’annonce du Royaume.

Dans les Actes, on voit ainsi Pierre expliquer, le jour de la Pentecôte, à la foule rassemblée devant la maison où il se trouvait avec les autres apôtres le rôle central du Christ dans le dessein de Dieu : « … Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous, vous avez crucifié. »

(Ac II, 14-37).

« D’entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : Frères, que devons-nous faire ? Pierre leur répondit : Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. » (Ac II, 37-38).

 

1° Constat

Le Synode a voulu définir le concept d’évangélisation mais sans y parvenir vraiment. Il a fini par élaborer une définition de compromis.

« Évangéliser, pour l’Église, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l’humanité et, par son impact, transformer du dedans, rendre neuve l’humanité elle-même ! Mais il n’y a pas d’humanité nouvelle s’il n’y a pas d’abord d’hommes nouveaux, de la nouveauté du baptême et de la vie selon l’Évangile. Le but de l’évangélisation est donc bien ce changement intérieur et, s’il fallait le traduire d’un mot, le plus juste serait de dire que l’Église évangélise lorsque, par la seule puissance divine du Message qu’elle proclame, elle cherche à convertir en même temps la conscience personnelle et collective des hommes, l’activité dans laquelle ils s’engagent, la vie et le milieu concrets qui sont les leurs. » (EN n°18)

 

Quand le Synode s’exprime en 1975, il constate qu’il existe une rupture entre l’Évangile et la culture contemporaine surtout en Europe, un constat qui vaut toujours aujourd’hui.

« La rupture entre Évangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époques. Aussi faut-il faire tous les efforts en vue d’une généreuse évangélisation de la culture, plus exactement des cultures. Elles doivent être régénérées par l’impact de la Bonne Nouvelle. Mais cet impact ne se produira pas si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée. » (EN n°20)

Ainsi, le Synode proclame que la culture ne saurait  redevenir chrétienne si l’homme n’est pas d’abord régénéré en Christ.

 

2° Remèdes

Le Synode en développe deux :

¨ Le témoignage :

« L’Évangile doit être proclamé d’abord par un témoignage. Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent […] leur capacité de compréhension et d’accueil,…, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est noble et bon. Voici qu’en outre, ils rayonnent, d’une façon toute simple et spontanée, leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas, dont on n’oserait pas rêver. Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux qui les voient vivre, des questions irrésistibles : pourquoi sont-ils ainsi ? Pourquoi vivent-ils de la sorte ?… Un tel témoignage est déjà proclamation silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle. Il y a là un geste initial d’évangélisation […] A ce témoignage, tous les chrétiens sont appelés et peuvent être, sous cet aspect, de véritables évangélisateurs. Nous pensons spécialement à la responsabilité qui revient aux migrants dans les pays qui les reçoivent » (EN n°21)

 

¨ L’annonce explicite :

« Qui enverrai-je ? Qui marchera pour nous ? » (Isaïe, VI, 8).

 

Cependant, le plus beau témoignage « se révèlera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié ce que Pierre appelait donner les raisons de son espérance (1PIII, 15), explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus » (EV n°22)

« Dans quel langage annoncer ce mystère ? Comment faire pour qu’il retentisse et arrive à tous ceux qui doivent l’écouter ? Cette annonce prend une telle place dans l’évangélisation qu’elle en est souvent devenue synonyme ».

 

¨ Preuves de l’évangélisation :

La meilleure preuve de la réussite de l’évangélisation réside dans le fait que celui qui a été évangélisé évangélise à son tour. « C’est là le test de vérité… Il est impensable qu’un homme ait accueilli la Parole et se soit donné au Règne sans devenir quelqu’un qui témoigne et annonce à son tour » (EN n°24-1).

 

3° Conclusion

L’histoire de l’évangélisation s’avère riche d’évènements heureux ou malheureux. Curieusement, elle a rarement été étudiée dans son ensemble, les historiens préférant s’en tenir à une époque ou à un continent particulier.

Cependant, le Père Cantalamessa, Capucin,  prédicateur à la Maison Pontificale pour l’Avent 2011, a prêché quatre remarquables enseignements sur ce thème. Il a distingué pour sa part quatre phases dans l’évangélisation du monde où quatre acteurs différents se sont succédés : les premiers évêques à la suite des apôtres, les moines, les missionnaires puis, pour l’époque contemporaine les laïcs.

Au XXème siècle, ces laïcs seront d’ailleurs à l’origine de nouvelles formes de communautés chrétiennes telles celles du mouvement charismatique apparu d’abord chez les protestants avant d’être rejoint par les catholiques au sein de communautés nouvelles comme celle de l’Emmanuel ou encore celle des Béatitudes.

La démarche d’évangélisation est complexe et ses éléments variés : témoignage, annonce explicite, adhésion du cœur, entrée dans la communauté, initiative d’apostolat… Cependant, ils sont en réalité complémentaires et mutuellement enrichissants.

 

Témoignages

À l’issue de cette première partie, les participants ont pu entendre le témoignage de plusieurs personnes ayant participé à un cycle de formation aux cellules d’évangélisation.