Les voies de l’évangélisation

4ème conférence (19 novembre 2013)

chapitre IV : les voies de l’évangélisation

Ce chapitre a sans aucun doute été analysé de façon très détaillée par le pape François dont de nombreuses homélies semblent marquées par les réflexions contenues dans ces paragraphes et qui ont pu sembler prophétiques pour notre temps.

 

Paul VI distingue six voies pour évangéliser le monde moderne.

 

1° Le témoignage de l’Église

 

« L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins ». (Allocution aux membres du Conseil des Laïcs, 2 octobre 1974).

C’est à travers son témoignage vécu de fidélité au Seigneur, de pauvreté et de détachement, de liberté face aux pouvoirs tant politiques qu’économiques de ce monde que l’Église pourra évangéliser le monde.

« En un mot, la sainteté de l’Église est le premier moyen d’évangélisation ». (EN n°41)

 

2° La prédication

« Mais comment l’invoquer sans d’abord croire en lui ? Et comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre sans quelqu’un qui proclame ? » (Rm X, 14)

Certes, Paul VI était conscient du fait que le foisonnement des écrits à l’époque contemporaine pouvait être contre-productif. Il notait ainsi :

« […] Nous savons bien que l’homme moderne, rassasié de discours, se révèle souvent fatigué d’entendre et, pire encore, immunisé contre la parole. » (EN n°42)

Cependant, « la parole reste toujours actuelle, surtout lorsqu’elle est porteuse de la puissance de Dieu » (1Co II, 1-5) et c’est pourquoi reste tout aussi d’actualité la parole de Saint Paul : « C’est la parole entendue qui conduit à croire ». (Rm X, 17)

 

 

3° L’homélie 

Elle se révèle un puissant facteur d’évangélisation ou de ré-évangélisation si elle est exposée sous une forme claire, directe et adaptée à la communauté paroissiale à laquelle le prêtre ou le diacre s’adresse.

Rappelons que l’homélie, qui trouve naturellement sa place dans la célébration dominicale, ne doit pas être davantage négligée dans d’autres célébrations comme les baptêmes, les mariages, l’administration du sacrement de confirmation ou les obsèques.

Dans tous les cas, « elle sera toujours une occasion privilégiée pour communiquer la Parole du Seigneur ». (EN n°43)

 

4° La catéchèse 

« L’intelligence, surtout celle des enfants et des adolescents, a besoin d’apprendre moyennant un enseignement religieux systématique, les données fondamentales, le contenu vivant de la vérité que Dieu a voulu nous transmettre et que l’Église a cherché à exprimer toujours plus riche au cours de sa longue histoire » (EN n°44)

Cet enseignement  des données fondamentales  de la foi concerne d’ailleurs aujourd’hui de plus en plus d’adultes désireux d’approfondir leur foi, de ne pas en rester à de vagues souvenirs de catéchisme des classes primaires ainsi que ceux qui, non chrétiens, « et touchés par la grâce, découvrent peu à peu le visage du Christ et éprouvent le besoin de se donner à Lui » (EN n°44).

Ainsi, au sein de notre paroisse, plusieurs adultes se préparent à recevoir le sacrement de baptême et suivent à cet effet au cours de l’année dix conférences consacrées aux fondements de la foi sur des thèmes relatifs au Mal, au sens du pardon…

 

5° L’utilisation des media

Les media, chaque jour plus performants, sont aussi un excellent moyen pour l’Église de «proclamer sur les toits » (Mt X, 27) le message dont elle est dépositaire afin de toucher les masses.

Cependant, l’utilisation des moyens de communication pour l’évangélisation présente un défi : comment, en s’adressant à des foules d’hommes parvenir à toucher le cœur de chaque individu riche de son histoire, de ses souffrances et des espoirs qui lui sont propres ?

 

 

 

6° Le contact personnel 

Ce mode d’évangélisation reste le premier utilisé par le Christ et les Apôtres. Il suffit de se remémorer les conversations du Christ avec Nicodème, avec Zachée ou la Samaritaine ou bien encore les entretiens de Paul avec Tite ou Timothée pour s’en convaincre.

Or, cette méthode reste totalement d’actualité aujourd’hui : « il ne faudrait pas oublier cette forme d’annonce par laquelle la conscience personnelle d’un homme est atteinte, touchée par une parole tout à fait extraordinaire qu’il reçoit d’un autre » (EN n°46).

Dans ce cadre, il convient de souligner spécialement «  le bien fait par les prêtres qui, à travers le sacrement de pénitence ou à travers le dialogue pastoral, se montrent prêts à guider les personnes dans les voies de l’Évangile, à les affermir dans leur effort, à les relever si elles sont tombées, à les assister toujours avec discernement et disponibilité » (EN n°46).

 

7° Le rôle des sacrements

L’évangélisation ne saurait se réduire à l’enseignement d’une doctrine. Elle vise à toucher la vie naturelle à laquelle elle donne un sens nouveau grâce  aux perspectives évangéliques qu’elle lui ouvre et la vie surnaturelle, qui n’est rien d’autre que la purification et l’élévation de la vie naturelle.

Or, cette vie surnaturelle trouve son expression vivante dans les sept sacrements « et dans l’admirable rayonnement de grâce et de sainteté qui est le leur ». (EN n° 47).

Et le rôle de l’évangélisation est précisément « d’éduquer tellement dans la foi qu’elle conduise chaque chrétien à vivre –et non à recevoir passivement ou à subir- les sacrements comme de véritables sacrements de la foi ». (EN n°47)

 

8° La piété populaire

Le pape François, comme ses prédécesseurs immédiats : Benoît XVI et Jean-Paul II, s’avère très touché par  cette piété venue des humbles.

Ainsi, il  récite quotidiennement le chapelet et vénère profondément la Vierge Marie qu’il ne manque jamais de citer dans nombre de ses homélies par exemple.

Paul VI a, lui aussi, porté un regard fort élogieux sur cette forme de piété, si souvent moquée voire désavouée. Il y a vu « une vraie rencontre avec Dieu en Jésus-Christ » en estimant que « si elle est bien orientée, surtout par une pédagogie d’évangélisation, elle est riche de valeurs. Elle traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres peuvent connaître. Elle rend capable de générosité et de sacrifice jusqu’à l’héroïsme, lorsqu’il s’agit de manifester la foi. Elle comporte un sens aigu d’attributs profonds de Dieu, la paternité, la providence, la présence amoureuse et constante. Elle engendre des attitudes intérieures rarement observées ailleurs au même degré : patience, sens de la croix dans la vie quotidienne, détachement, ouverture aux autres, dévotion. » (EN n°48).