LES LIVRES HISTORIQUES

Séance n°2

Vendredi 16 octobre 2015

 

INTRODUCTION

Ces livres contiennent l’histoire suivie du peuple hébreu jusqu’au terme de la période prophétique, dans les siècles qui suivent la sortie d’Égypte.

Dans l’ordonnancement chrétien, ils sont au nombre de dix-sept :

– Josué

– Juges

– Ruth

– Samuel 1 et 2

– Rois 1 et 2

– Chroniques 1 et 2

– Esdras

– Néhémie

– Tobie

– Judith

– Esther

– Maccabées 1 et 2

 

Dans le Canon juif, ils ne sont pas réunis en une série unique comme dans la Bible.

Six de ces livres :

– Josué

– Juges

– Samuel 1 et 2

– Rois 1 et 2

sont placés immédiatement après le Deutéronome et portent le nom de Neviim. Ils constituent ce que les Juifs nomment les livres des prophètes antérieurs  parce qu’ils sont réputés avoir été écrits par des prophètes.

 

Six autres livres :

– Ruth

– Chroniques 1 et 2

– Esdras

– Néhémie

– Esther

sont placés dans les Ketouvim (« Les écrits » ou hagiographes).

 

Tandis que les livres de Tobie, Judith et Maccabées 1 et 2 ne sont pas admis par le judaïsme rabbinique parce que rédigés en grec ou à l’époque hellénistique.

 

Les auteurs de la traduction grecque de l’Ancien Testament estimèrent préférable de réunir tous les livres historiques en les rangeant dans l’ordre chronologique des évènements racontés.

 

Les six livres du Canon juif : Josué, Juges, Samuel 1et 2 et Rois 1 et 2 présentent un trait commun : comme le Pentateuque, ils ne sont pas destinés à glorifier une tribu, un personnage mais Dieu seul et sont animés d’une foi inébranlable en la mission providentielle du peuple dont ils racontent les victoires et les défaites, les chutes et les relèvements.

Cette foi inébranlable ne fléchit pas dans les moments où les faits semblent lui apporter le plus éclatant des démentis. C’est même dans les livres écrits au moment de la décadence des royaumes du Sud et du Nord qu’elle éclate avec le plus d’intensité, manifestant ainsi l’inspiration prophétique contenue dans ces livres.

 

Nous étudierons rapidement onze des livres historiques et nous attacherons à expliquer plus longuement les livres de Samuel 1et 2 ainsi que les livres des Rois 1 et 2.

 

PRÉSENTATION DES DOUZE LIVRES HISTORIQUES

1° Josué (Jos)

Vers 1180 AC

DB2 1

La prise de Jéricho par Josué, Jean Fouquet v 1452

 

Ce livre est la suite du Deutéronome et raconte la conquête de la terre promise par Josué, la répartition du territoire entre les douze tribus d’Israël sauf une : celle des Lévi appelée à former la caste sacerdotale et qui devra donc sa survie, génération après génération, à l’exercice du sacerdoce qui lui permettra d’être entretenue par les autres tribus d’Israël.

Pour comprendre ce livre, il convient de faire un parallèle entre Moïse, le visionnaire, qui a eu la révélation de la volonté de Dieu et Josué appelé à accomplir cette révélation.

– Moïse a traversé la Mer Rouge

Josué a traversé le Jourdain,

 

– Moïse a libéré les Hébreux de l’esclavage

– Josué a offert à Israël la liberté

 

– Moïse a fait connaître la Loi

– Josué a fait vivre le peuple par la foi

 

– Moïse a évoqué le pays promis en héritage

– Josué a pris possession du pays promis.

 

Ce livre contient 24 chapitres répondant à un plan très simple :

– chapitres 1 à 5 : Entrée en Canaan

– chapitres 6 à 12 : Conquête de Canaan

– chapitres 13 à 22 : Partage de Canaan

– chapitres 23 à 24 : Testament de Josué.

 

Livre belliqueux, Dieu y apparaît sévère, allant jusqu’à réclamer l’extermination totale de tout un peuple. Il faut y voir une métaphore signifiant que Dieu ne veut pas que son peuple emprunte leurs cultes aux peuples païens conquis.

Le peuple hébreu doit demeurer pur de toute contamination païenne donc il doit être mis à part des autres peuples.

Il faut souligner que le nom JOSUÉ en hébreu signifie SALUT et le nom JÉSUS signifie SAUVEUR. L’étymologie des deux prénoms est très proche.

Par ailleurs, Josué  conduit son peuple vers la réalisation des promesses de Dieu et le glorifie au milieu des nations tandis que Jésus est le chef des combats victorieux menant son peuple vers Dieu.

On a donc souvent vu en Josué la préfiguration du Christ.

 

On a souvent fait le parallèle entre le livre de Josué et l’épître de Paul aux Éphésiens : marche, combat et consécration matériels chez Josué ; marche, combat et consécration spirituels dans l’épître de Paul.

 

2° Juges (Jg)

21 chapitres formés de sept cycles similaires : les Israélites se détournent de l’Éternel, des ennemis les oppriment, les Israélites appellent à l’aide, l’Éternel leur envoie un libérateur (un Juge).

Le juge est davantage un chef qu’un législateur. Douze de ces chefs sont mentionnés dont les plus connus demeurent Debora, Gédéon et Samson.

 

DB2 2

Samson et Dalila Le Caravage 1615

Cette période qui se déroule sur environ quatre siècles prépare l’instauration de la monarchie en constatant par quatre fois, dont une à la toute fin du livre :

 

« En ce temps-là il n’y avait pas de roi en Israël

et chacun faisait ce qui lui semblait bon. » Jg 21, 25)

 

3° Ruth (Rt)

 

Marc Chagall, Ruth glaneuse, 1960DB2 3

 

 

 

4 chapitres

Le livre de Ruth est lu par les Juifs le jour de la fête de Chavouot (en juin) qui célèbre le don de la Loi (Torah). Cette fête est souvent appelée « pentecôte juive ».

Le livre porte le nom de son personnage principal, une jeune et pauvre veuve moabite –donc issue d’un peuple exclu de toute possibilité d’entrer dans le peuple de Dieu- qui épouse un riche fermier hébreu, Boaz,  fils de Rahab la prostituée de Jéricho et sera l’arrière-grand-mère du roi David.

Ruth ouvre ainsi la lignée royale de laquelle allait naître mille ans plus tard Jésus, l’Emmanuel annoncé par le prophète Isaïe.

Ce livre est un des plus beaux de la Bible : toute la providence divine y est révélée avec clarté :

– le deuil changé en allégresse

– la pauvreté changée en richesse

– le choix humain qui introduit dans la volonté de Dieu

– l’amour de Dieu qui conduit les hommes à travers les siècles.

Chacun des quatre chapitres présente les divers aspects d’une vie qui se confie en Dieu :

– chapitre 1 : le choix

– chapitre 2 : la persévérance

– chapitre 3 : le repos

– chapitre 4 : la récompense.

 

4° et 5° Samuel 1 (1 S) et Samuel 2 (2 S)

DB2 4

Samuel oint David, Miniature anglaise,

Livre des Psaumes, v 1150

 

Ces livres constituent la suite du livre des Juges et sont réputés être de la main même du prophète et juge Samuel qui procède à l’onction  des deux premiers rois d’Israël, Saül (vers 1040 AC) puis David (vers 1025 AC).

À l’origine, les livres de Samuel, des Rois et des Chroniques n’en formaient que trois au lieu de six.

C’est la version de la Septante qui a procédé à la division des livres.

La Septante est la version de la Bible hébraïque en langue grecque. Selon une tradition rapportée dans la Lettre d’Aristée (IIe siècle AC), la traduction de la Torah aurait été réalisée par 72 (septante-deux) traducteurs juifs à Alexandrie sur ordre de Ptolémée II vers 270 AC. L’histoire raconte que chaque traducteur aurait travaillé seul dans une pièce et qu’à la fin des travaux, en comparant les 72 traductions, on se serait rendu compte que pas un mot ne différait d’une version à l’autre.

Le judaïsme n’a pas adopté la Septante, préférant s’en tenir au texte hébreu et aux traductions araméennes (Targoum) ou grecques réputées proches du texte hébreu.

 

♦ Samuel 1

31 chapitres

Dans ce livre, nous cheminons avec trois personnages :

– Samuel (chapitres 1-1 à 8-3) :

Samuel est le fils inespéré d’une femme réputée stérile, Anne. Cette dernière, désespérée de demeurer sans enfant, se rend fréquemment au sanctuaire de Silo pour supplier Dieu de lui donner un fils. C’est ainsi qu’elle est un jour bénie par le prêtre du sanctuaire, Eli et qu’elle conçoit un fils qu’elle appelle Samuel dont le nom signifie : « Dieu a entendu ».

Quand l’enfant est en âge de quitter sa famille, Anne, pour honorer la promesse faite à Dieu, le confie au sanctuaire de Silo et à son prêtre, Eli, qui se charge de son éducation, lui qui était incapable d’éduquer correctement ses propres fils (1S 2, 12-17).

Samuel grandit et est appelé à exercer à la fois l’autorité humaine de juge et l’autorité divine de prophète. Or, à cette époque, les Philistins règnent en maîtres sur la Terre Promise et maintiennent les Hébreux en esclavage. L’arche d’alliance n’est plus parmi eux. Dans leur détresse, les Hébreux demandent à Samuel de leur choisir un roi pour les guider comme les autres peuples. Dieu ne le souhaite pas car il craint que la nomination d’un roi  neLe fasse oublier de son peuple. Mais, saisi de compassion devant le désarroi des Hébreux, il finit par envoyer son prophète Samuel oindre Saül.

– Saül (chapitres 8-4 à 15-35) :

Saül appartient à la tribu de Benjamin. C’est un roi guerrier qui mène de nombreuses batailles contre les Philistins pour reconquérir Canaan. Roi orgueilleux, rebelle aux ordres de Dieu, il perd peu à peu la raison, devient infidèle à Dieu en adoptant les cultes des peuples païens qu’il a soumis.

Dieu le rejette alors et envoie Samuel choisir un autre roi pour son peuple.

Il s’agira de David, l’arrière-petit-fils de Boaz et de Ruth.

 

– David (chapitres 15-36 à 31)

David appartient à la tribu de Juda. Celui qui est alors le Sauveur du peuple hébreu face à la folie de Saül naît à Bethléem. Il est le plus jeune des huit fils de Jessé et c’est lui qui sera oint par Samuel à la demande expresse de Dieu qui voit en David « le roi que Je veux » (1S 16, 1).

Mais si Dieu a rejeté Saül, ce dernier est encore roi en titre et David va donc entrer à son service. Il bat le géant philistin Goliath et remporte d’autres victoires qui éveillent la jalousie de Saül qui s’emploie à le faire mourir.

David, pour échapper à la haine de Saül, quitte son service et devient chef de bande (1 S 22 et s). Ayant la possibilité de tuer Saül, il s’y refuse.

 

Le dernier chapitre (31) de S 1 raconte la bataille de Gelboé où Saül, ses trois fils et toute l’armée d’Israël sont massacrés par les Philistins.

 

♦ Samuel 2

24 chapitres.

Le livre commence avec le début du règne de David sur la tribu de Juda (vers 1010 AC), puis sept ans plus tard sur l’ensemble d’Israël.

Contrairement à Saül, le roi David est un homme de paix qui s’emploie à consolider son pouvoir sur les douze tribus d’Israël dont dix se trouvent au nord du pays et deux (Benjamin et Juda d’où sont issus les deux premiers rois) au sud.

David fonde Jérusalem dont il fait le centre politique d’Israël et où il installe l’arche d’alliance.

 

S 2 raconte toute l’histoire du règne de David.

– chapitres 1 à 4 : règne de David sur la tribu de Juda

– chapitres 5 à 10 : règne de David sur tout Israël (les douze tribus)

– chapitres 11 à 20 : le péché, la punition et le pardon de David.

Homme humble, David marche dans les voies du Seigneur jusqu’à ce qu’il s’éprenne de Bethsabée, l’épouse  d’Urie, un de ses généraux. Pendant l’absence de ce dernier, il commet l’adultère avec Bethsabée et celle-ci tombe enceinte.

David, pour étouffer le scandale, finit par ordonner de placer Urie en première ligne lors d’un combat afin qu’il y trouve la mort, ce qui arrive.

Le prophète Samuel étant mort, Dieu suscite le prophète Nathan qui, au moyen d’une parabole, fait comprendre au roi l’ampleur de son péché.

David se repent amèrement et Dieu lui pardonne. Cependant, l’enfant conçu lors de l’adultère meurt. Bethsabée, que David épouse après la mort d’Urie, lui donne un second fils, le futur roi Salomon.

– chapitres 21 à 24 : fin du règne de David.

David était poète et musicien. La tradition voit en lui l’auteur des Psaumes.

Le chapitre 22 du livre nous montre David exprimer dans un merveilleux cantique toute la confiance qu’il place en Dieu :

 

« L’Éternel est mon roc et ma forteresse, mon libérateur,

mon Dieu, mon rocher, je m’abrite en Lui ;

mon bouclier, mon arme de salut, ma citadelle,

mon refuge, mon Sauveur, tu me sauves de la violence.

Loué soit Dieu ! Quand j’invoque le Seigneur,

Je suis sauvé de mes ennemis. […] »

 

 

6° et 7° Rois 1 (1R) et Rois 2 (2 R)

On pense que ces livres furent peut-être écrits par le prophète Jérémie. Ils constituent la suite chronologique des livres de Samuel.

Ils dépeignent sans complaisance la réalité de l’alliance d’un Dieu qui  honore ceux qui l’honorent (1 R 18) et respecte toujours sa Parole, même dans ses jugements.

Ils commencent dans l’unité et la gloire sous le règne de David pour s’achever dans la division et la captivité sous le règne des rois de Babylone (Nebudcanetsar pour Juda) et d’Assyrie (Salmanasar V pour Israël).

 

♦ Rois 1

22 chapitres.

Le livre contient l’histoire d’Israël pendant 118 ans et raconte notamment le puissant ministère du prophète Elie.

– chapitres 1 à 2-11 : les derniers jours de David

– chapitres 2-12 à 11 : le règne de Salomon et son péché.

« Dieu donna à Salomon une sagesse et une intelligence

extrêmement grandes et un cœur aussi vaste que le sable

qui est au bord de la mer. » (1 R 4, 9)

 

(Salomon, Pedro Berruguete, v 1500)

 

C’est à Salomon que revient l’honneur de bâtir le Temple de Jérusalem pour abriter l’Arche d’Alliance.

Roi bâtisseur, roi pacifique, roi sage, Salomon règne quarante ans.

Cependant la fin de son règne est assombrie par son péché.

En effet, Salomon est l’époux de très nombreuses femmes dont beaucoup sont étrangères et adorent des idoles païennes. Or,

« quand Salomon fut vieux, ses femmes détournèrent son cœur vers d’autres dieux et son cœur ne fut plus entier à Yahvé son Dieu comme avait été celui de son père David. » (1R 11, 4)

Dieu s’irrita contre Salomon et lui annonça la division d’Israël en deux royaumes.

« Seulement je ne ferai pas cela durant ta vie, en considération de ton père David ; c’est de la main de ton fils que je l’arracherai. […] » (1 R 11, 12)

– chapitres 12 à 16 : conséquence du péché de Salomon : Israël est divisé en deux royaumes, le royaume de Juda au sud  dont le premier roi est Roboam, fils de Salomon et le royaume d’Israël au nord dont le premier roi est Jéroboam.

Les divers règnes des deux royaumes sont examinés selon un critère de jugement : le roi a fait ce qui est bon ou pas aux yeux de Dieu.

– chapitres 17 à 22 : ces derniers chapitres constituent le cycle d’Elie, le grand prophète suscité par Dieu pour tenter de ramener le roi  d’Israël, Achab,  à la foi du Dieu unique alors qu’il avait adopté le culte de Baal, dieu de son épouse, Jézabel.

 

♦ Rois 2

25 chapitres.

Le livre contient trois siècles de l’histoire des deux royaumes divisés et s’achève par l’histoire de leur chute et de la déportation des juifs.

– chapitres 1 à 2-11 : fin du ministère d’Elie

– chapitres 2-12 à 9-10 : le prophète Élisée

– chapitres 9-11 à 25 : déclin des royaumes et apostasie du peuple.

 

L’idolâtrie récurrente des Israélites du Nord conduit à la prise de leur capitale, Samarie, par les Assyriens et à la déportation du peuple  en 722 AC.

Le royaume de Juda connaît le même sort sous les coups des Babyloniens et de leur roi, Nabuchodonosor en 586 AC : le temple est détruit, Jérusalem ravagée et son peuple déporté en trois vagues successives  à Babylone.

C’est à Babylone que Dieu suscitera des prophètes tels Isaïe, Ézéchiel appelés à préparer le peuple en exil à accueillir le digne Fils de David, le Messie.

 

L’ombre du Messie est projetée sur tout l’Ancien Testament où de très nombreuses prophéties dites « messianiques » annoncent sa venue.

 

Ainsi dans 2 S 7, 14  repris dans 1 Ch 17, 13 :

« Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils. »

qui est la première expression du messianisme royal.

 

Toujours dans 2 S 7, 13 :

« j’affermirai pour toujours son trône royal. »

confirmé dans le psaume 89, 37-38 :

« Sa lignée à jamais sera,

et son trône comme le soleil devant moi,

comme est fondée la lune à jamais,

témoin véridique dans la nue. »

Ici tant le prophète que le psalmiste annoncent la venue d’un Royaume qui n’est pas politique mais spirituel, d’un Temple qui n’est pas de pierres mais de chair : Jésus le Christ, l’Oint du Seigneur.

Qui sera ce Messie ?

Le prophète Isaïe le dit clairement :

« C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe :

voici, la jeune fille est enceinte,

elle va enfanter un fils

et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. » (Is 7, 14)

Une prophétie qui sera confirmée par Luc : Lc 1, 27-34 et par Matthieu : Mt 1, 18 manifestant ainsi la fidélité de Dieu envers son peuple : il réalise toutes ses promesses dès lors que les temps sont venus.

 

On a vu que certains personnages tels Josué ou David étaient des préfigurations du Christ.

L’un des derniers rois du Royaume de Juda (Sud), Josias, vers 630/620 AC, se révèle une autre figure du Christ : celle du Serviteur souffrant.

Josias, roi de Juda au VIIe siècle AC et homme pieux « marchant dans les voies du Seigneur », menacé par les Babyloniens, s’allie aux Égyptiens pour juguler le danger de l’invasion qui menace.

Il périt à Méguido en luttant contre Nabuchodonosor. Sa mort est celle du Juste : il porte du fruit en mourant ce que proclame Isaïe :

 

« Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes,

écrasé à cause de nos fautes.

Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui,

et dans ses blessures la guérison. (Is 53, 5)

Les chrétiens ont toujours vu dans la figure du Serviteur Souffrant celle du Christ comme le rappelle Paul et Pierre :

« […] livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. » (R 4, 25)

« […] lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure vous a guéris. » (1 P 2, 24)

 

Ainsi, en Christ s’accomplit tout l’Ancien Testament.

 

8° Chroniques 1 (1 Ch) et Chroniques 2 (2 Ch)

Chroniques 1 : 29 chapitres

Chroniques 2 : 36 chapitres

 

Le roi Cyrus autorise les Hébreux à reconstruire le temple deDB2 6

Jérusalem, Miniature de Jean Fouquet, XVème siècle

 

 

 

 

Ces livres ont été rédigés en plein réveil spirituel alors que le peuple, de retour d’exil et animé d’un grand zèle se mettait à l’ouvrage pour rebâtir le royaume de ses pères. Il renouait à nouveau avec Dieu qui se laisse trouver par ceux qui Le cherchent,  qui demeure fidèle à Ses promesses (2 Ch 15, 2) et continue à agir pour les siens à condition qu’ils Lui obéissent.

 

L’articulation de ces livres est très simple :

♦ 1Ch

– chapitres 1 à 9 : Généalogie des hommes de Dieu

– chapitres 10 à 29 : Règne de David

 

♦ 2 Ch

– chapitres 1 à 9 : Règne de Salomon

– chapitres 10 à 36 : Rois de Juda

 

L’étude du caractère de certains rois de Juda est riche d’enseignement :

– ASA (vers 910 AC, 2 Ch 15, 2 ; 7) : roi selon le cœur de Dieu, il se fortifia par la prière et renversa les idoles de ses pères.

– JOSAPHAT (vers 900, 2 Ch 20, 14-17) : mit lui aussi sa confiance en Dieu.

– JOAS (vers 820, 2 Ch 24) : eut à cœur de réparer la maison du Seigneur.

– ÉZÉCHIAS (vers 700, 2 Ch 29, 20-27) : appela à la sanctification et à la consécration.

– JOSIAS (vers 620, 2 Ch 35, 6) : rétablit l’autorité de la loi de Dieu.

 

Leur vie, leur fidélité mais aussi leur faiblesse et leurs chutes ne découragent pas la persévérance du Seigneur qui s’emploie à les relever, à les délivrer et à les bénir, soulignant ainsi la grandeur de la grâce divine :

« Là où le péché abonde, la grâce surabonde. » (Rm 5, 20)

 

Dans ces deux livres, réalité et surnaturel se côtoient.

On y lit la geste de rois parfois glorieux tels David ou Salomon ou courageux comme Asa qui enlève la royauté à sa mère car elle adore une idole : Astarté, reine du ciel, mais trop souvent despotiques et apostats entraînant le peuple dans leur péché comme Achab au royaume d’Israël ou Athalie, Manassé et Jojakim au royaume de Juda.

Dieu met en garde son peuple si obstiné dans la désobéissance, si dur de cœur. Ses prophètes parlent avec précision et en vérité mais le peuple n’a que mépris et moquerie pour Celui qui les a fait sortir de l’esclavage égyptien.

Alors la colère du Seigneur se manifeste avec rigueur. Les Chaldéens envahissent Jérusalem et détruisent le Temple.

Nebucadnetsar envoie à Babylone ceux  qui n’ont pas péri dans le sac de la ville de David.

Mais, même en ce temps de décadence, la grâce de Dieu se manifeste.

« Ils se souillaient par leurs actions,

Ils se prostituaient par leurs pratiques ;

Le Seigneur prit feu contre son peuple,

Il eut en horreur son héritage.

 

Il les livra aux mains des païens,

Leurs adversaires devinrent leurs maîtres ;

Leurs ennemis furent leurs tyrans,

Ils furent courbés sous leur main.

 

Mainte et mainte fois il les délivra,

Mais eux par bravade se révoltaient

Et s’enfonçaient dans leur tort ;

Il eut un regard pour leur détresse

Alors qu’Il entendit leur cri.

 

Il se souvint pour eux de son alliance,

Il s’émut selon son grand amour ;

Il leur donna d’apitoyer

Tous ceux qui les tenaient captifs.

 

Sauve-nous, Seigneur notre Dieu,

Rassemble-nous du milieu des païens

Afin de rendre grâce à ton Saint Nom,

De nous féliciter en ta louange. » (Ps 105, 39-47)

 

 

 

9° Esdras (Esd) et Néhémie (Ne)

 

 

DB2 7Enluminure représentant le scribe Esdras en plein travail

 

 

 

À l’origine, les deux livres ne constituaient qu’un seul ouvrage et faisaient suite aux livres des Rois et aux Chroniques.

Ils présentent la particularité d’être souvent composés à la première personne du singulier.

Ils commencent en exil à Babylone et se terminent avec la reconstruction du Temple à Jérusalem et la restauration d’Israël comme nation indépendante.

Pour bien comprendre l’histoire qu’ils racontent, il faut considérer deux périodes distinctes :

– de 537 à 517 AC (sous les règnes des rois de Perse Cyrus et Darius) : Zorobabel, le gouverneur et Josué, le souverain sacrificateur, entreprennent la reconstruction du Temple.

– de 458 à 433 AC (sous le règne d’Artaxerxès) : Néhémie le gouverneur et Esdras le sacrificateur restaurent Jérusalem et relèvent les murailles. Malachie exerce son ministère de prophète.

♦Esdras :

10 chapitres

En exil à Babylone, Esdras était scribe au service du roi. Son livre couvre les deux périodes et se découpe en deux parties :

– chapitres 1 à 6 : premier retour et la reconstruction : Zorobabel et Josué.

– chapitres 7 à 10 : 2e retour et restauration : Esdras.

 

♦Néhémie :

13 chapitres

Muraille de JérusalemDB2 8

 

 

 

En exil, Néhémie était échanson (intendant) au service du roi de Babylone.

Son livre ne couvre que la seconde période et se divise en trois parties :

– chapitres 1 à 6 : retour et reconstruction des murs de Jérusalem.

– chapitres 7 à 10 : recensement et rétablissement spirituel.

– chapitres 11 à 13 : répartition territoriale et restauration morale, civile et politique

 

 

Esdras et Néhémie étaient tous deux des hommes de foi. Ils ne se contentaient pas d’agir mais ouvraient leur cœur à Dieu dans la prière, confessant le péché du peuple et s’associant au peuple.

Tous deux nous donnent une belle leçon : agir sans la prière est certes possible mais la dimension spirituelle de toute action ne s’acquiert que par et dans la prière.

 

« Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain.

Si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. » (Ps 127, 1)

 

 

10° Tobie (Tb)

14 chapitres

Tobie et l’ange Raphaël, école italienne,DB2 9

début XVIIe siècle.

 

 

 

Tout indique que le livre a été rédigé pendant la période grecque, vers 200 AC (ainsi, il est question de payer l’ange Raphaël en drachmes : Tb 5, 15). Certains biblistes émettent l’hypothèse qu’il s’agit de l’œuvre d’un Juif de la diaspora essayant de vivre sa foi en milieu païen.

Le livre de Tobie témoigne d’un monothéisme fervent et d’un attachement scrupuleux à la Loi. Le monde païen y est perçu comme  hostile et le Juif fidèle doit l’éviter autant que faire se peut. Tobie témoigne  d’une confiance absolue en la Providence divine alors que tout semble perdu.

 

Le plan du livre est chronologique :

– chapitres 1 à 3 : présentation des personnages

– chapitres 4 à 11 : le voyage de Tobie

– chapitres 12 à 14 : épilogue

 

Le livre de Tobie se présente comme un roman édifiant mais raconte en fait un véritable  voyage initiatique.

On y lit le récit de deux infortunes qui vont trouver leur solution.

Tobit, un Juif pieux déporté à Ninive est victime d’une maladie des yeux, devient aveugle et est alors réduit à la misère. Son fils, Tobie, part au loin pour recouvrer une créance de son père. Il y rencontrera sa future épouse, Sara, victime du démon Asmodée qui fait mourir l’un après l’autre ses prétendants dès qu’ils se déclarent.

Tobit sera guéri de sa cécité et Sara délivrée d’Asmodée grâce à l’intervention de l’ange Raphaël qui accompagne le jeune Tobie tout au long de son périple.

Ce récit initiatique met en scène Tobie parti très loin pour une raison financière et dont le long voyage aboutira à  la guérison de son père et à son propre mariage.

L’explication de ce dénouement  heureux réside dans la fidélité des protagonistes à garder les commandements de la Loi.

 

 

Ce livre apporte une réponse à la question qui obsède la communauté juive en exil : comment vivre son judaïsme au milieu des païens ? Pour Tobie, la religion devient essentiellement une pratique familiale et relève de la sphère privée : en exil, le Juif doit vivre le plus possible retranché des païens et surtout se marier au sein de sa communauté.

 

11° Judith (Jdt)

16 chapitres

Judith brandissant la tête d’Holopherne,DB2 10

Cristofano Allori, vers 1613.

 

 

 

Ce livre est dit deutérocanonique (c’est-à-dire qu’il ne figure que dans la Bible grecque).

Il a été écrit pendant la période grecque, au début du second siècle avant notre ère probablement. Plusieurs indices vont dans le sens de cette datation : situation politique de la Judée, divers usages grecs, des coutumes juives assez récentes, etc…

Un plan très simple pour une histoire assez singulière car volontairement entachée d’erreurs historiques !

– chapitres 1 à 7 : cadre historique

– chapitres 8 à 13 : Judith et son action

– chapitres 14 à 16 : Salut de Béthulie

 

Avant toute chose, le récit commence par la présentation de Nabuchodonosor comme roi des Assyriens et roi de Ninive ce qui est une double erreur. Nabuchodonosor est roi de Babylone et Ninive était déjà détruite lors de son accession au trône.

L’auteur n’ignore pas ces éléments et ses erreurs sont intentionnelles car il s’agit pour lui de s’intéresser non à l’historicité, mais à la morale de son récit.

 

Le livre commence par la décision de Nabuchodonosor d’envoyer son général, Holopherne, combattre Israël.

Tyran sanguinaire, Holopherne assiège la petite ville de Béthulie. Le peuple est désespéré par le sort qui l’attend quand une des leurs, Judith leur annonce qu’elle a imaginé un plan pour délivrer Béthulie.

Elle descend à la nuit tombée dans le camp des ennemis, séduit Holopherne et le fait boire jusqu’à ce qu’il soit complètement ivre. Profitant alors de son sommeil, Judith le décapite et ramène sa tête à Béthulie où, sur ses conseils, les dirigeants de la ville suspendent le chef d’Holopherne en haut des remparts.

Voyant que leur chef est mort de manière honteuse, les ennemis renoncent à attaquer Béthulie et rentrent chez eux.

Ce livre a pour but d’exalter la résistance juive. D’ailleurs l’héroïne porte un nom très symbolique puisque Judith signifie « la Juive ». Le livre est rempli de prières et d’actions de grâce au Dieu d’Israël capable de sauver son peuple par la main des faibles.

 

 

« Je veux chanter à mon Dieu un cantique nouveau.

Seigneur, tu es grand, tu es glorieux,

Admirable dans ta force, invincible.

Que toute ta création te serve ! […]

Malheur aux nations qui se dressent contre ma race !

Le Seigneur Tout-Puissant les châtiera au jour du jugement.

Il enverra le feu et les vers dans leurs chairs

et ils pleureront de douleur éternellement. » Jdt16, 13 -14 ; 17)

 

 

 

12° Esther (Est)

10 chapitres.

Esther devant  Assuérus

Giovanni Andrea Sirani (1630)DB2 11

 

 

 

 

 

 

Ce livre présente la particularité de ne jamais voir mentionné le nom de Dieu même si sa présence et sa bonté se devinent derrière chaque péripétie du récit.

Invisible, Dieu se laisse voir au travers d’une fille de son peuple, tout comme le Christ se manifeste à travers la vie de tout chrétien.

On peut diviser le livre en deux parties :

– chapitres 1 à 4 : la menace contre le peuple hébreu.

– chapitres 5 à 10 : la délivrance du peuple.

 

Le livre nous conte l’histoire d’Esther, une jeune juive orpheline, élevée par son oncle Mardochée en territoire perse. Le roi Assuérus, séduit par sa grande beauté, la choisit pour épouse. Esther suit les conseils de son oncle. Elle ne dit rien de son peuple, ni de sa parenté. Voilà Esther la juive, femme d’un roi païen.

Un jour, Aman, le conseiller du roi, exige que Mardochée se prosterne devant lui. Mardochée refuse. Il est un bon juif, il ne peut s’abaisser que devant le Dieu unique ! Aman va se venger. Il convainc le roi d’exterminer tous les juifs du royaume. Son argumentation est simple : les juifs ont un mode de vie différent, ils sont donc dangereux. Esther, la reine, est le dernier espoir du peuple juif. Mardochée la supplie : « Prie donc le Seigneur, et parle au roi pour nous ; sauve-nous de la mort ! ».

Esther laisse ses somptueux vêtements et ses bijoux. Sur sa tête, elle ne met pas de parfums, mais de la cendre. Par ce geste, elle montre qu’elle se tourne vers Dieu. Pendant trois jours, elle prie et demande à Dieu le courage d’intervenir auprès du roi. En s’approchant de lui sans autorisation, elle sait qu’elle risque la mort… Devant le roi, Esther s’évanouit d’émotion. Mais la Bible raconte que Dieu changea en douceur le cœur du roi. Esther peut alors faire au roi sa demande : « Accorde-moi la vie, voilà ma demande, et la vie de mon peuple, voilà mon désir ».

Ému par le courage de son épouse, Assuérus décide de protéger le peuple juif. C’est un retournement complet de situation : Aman est pendu, Mardochée est promu. Les juifs échappent à la mort. Ce sont eux qui vont exterminer leurs ennemis. Le récit des massacres est d’une grande violence. C’est ainsi que le texte biblique veut mettre en évidence la victoire inconditionnelle du peuple ami de Dieu.

Ce livre laisse apparaître le combat acharné que livre Satan contre Dieu pour perdre l’humanité.

Derrière Aman, rempli de haine envers le peuple juif et bien décidé à obtenir son extermination, il y a la haine de Satan envers la Création.

Derrière Esther, la jeune juive prête à se sacrifier pour son peuple, c’est l’enfant de Dieu qui, par son obéissance individuelle, permet la victoire du peuple tout entier.

Derrière Mardochée, l’oncle d’Esther et son conseiller, se dessine le rôle de l’Église qui, par ses sages conseils permet à chacun de marcher dans les voies du Seigneur.

 

Le livre d’Esther est lu par les Juifs lors de la fête de Pourim qui a lieu tous les ans

le 14 Adar (février- mars). Les juifs commémorent le salut des juifs de l’Empire perse qui ont échappé à la fureur d’Aman, premier ministre du roi.

Pourim vient de l’accadien et signifie « tiré au sort ». Il fait référence aux dés lancés par Aman pour fixer la date du massacre des juifs.

La fête est précédée d’un jeûne qui rappelle celui d’Esther avant son intercession auprès du roi Assuérus pour obtenir le salut des juifs. Le jeûne a lieu la veille de la fête. Le jour de la fête, aux offices du matin et du soir, on procède à la lecture du rouleau d’Esther.

Pourim est marquée par une atmosphère joyeuse de carnaval :   adultes et enfants assistent déguisés à la lecture. À chaque fois que le nom d’Aman est DB2 12prononcé, les fidèles frappent du pied et agitent des crécelles. Cette pratique très ancienne du chahut vient de l’injonction d’ « effacer la mémoire d’Amaleq » (Dt 25, 19) dont on dit qu’il était l’ancêtre d’Aman (Est 3,1). Il est aussi de coutume d’offrir des cadeaux aux enfants.

 

Pourquoi se déguise-t-on ?

Se déguiser, s’habiller comme un autre au point qu’on ne puisse plus se reconnaître, est une manière de célébrer l’échange des sorts du juif Mardochée et d’Aman. Tous les ennemis d’Israël attendaient l’exécution du juif Mardochée. Pourtant c’est Aman, le puissant et l’ennemi d’Israël, qui sera pendu.

Le déguisement, mais aussi le vin dont il est recommandé de faire un large usage, sont une façon de célébrer le vrai juste caché derrière les apparences.

 

 

13° Maccabées 1 (1 M) et 2 (2 M)

Maccabées 1 : 16 chapitres

Maccabées 2 : 15 chapitresDB2 13

 

Le triomphe de Judas      Maccabée, Rubens, 1635.

 

 

 

Les livres des Maccabées tirent leur nom des héros de la guerre juive de libération.

Le principal personnage s’appelle Judas mais il est surnommé « Maccabée » c’est-à-dire « marteau » car il tombe «comme un marteau» sur ses adversaires.

Il existe quatre livres des Maccabées mais seuls deux d’entre eux ont été retenus dans la Bible chrétienne. Les deux autres nous sont connus par la Septante.

 

♦ 1M

Le premier livre des Maccabées couvre la période qui va du début de l’insurrection juive en 175 AC à la mort de Simon en 135 AC.

Il a été rédigé en hébreu mais le texte ne nous est parvenu que dans la traduction grecque de la Septante. Il fut sans doute rédigé vers 100 AC sous le règne de

Jean Hyrkan (second fils de Simon Maccabée, grand prêtre du Temple de Jérusalem et neveu de Judas Maccabée).

Le livre débute à la mort d’Alexandre le Grand et au partage de son empire. On y apprend que c’est le Séleucide Antiochos IV qui règne sur Israël et qu’il manifeste son hostilité à la foi juive en pillant le Temple de Jérusalem. Il vise à helléniser de force le peuple juif.

Un des chefs du clan sacerdotal, Mattathias, et ses fils dont Judas, décident de prendre les armes après le pillage du Temple.

A la mort de Mattathias, son fils, Judas prend le commandement de la petite troupe et tue le chef militaire grec Apollonios.

Les Séleucides décident de venger l’affront et envoie Lysias écraser l’insurrection naissante. La bataille s’engage à Emmaüs et Lysias est vaincu.

Judas en profite pour entrer dans Jérusalem. Il purifie le Temple et consacre à nouveau l’autel profané par Antiochos IV.

Par la suite, Judas entreprend diverses opérations militaires dans les régions voisines pour éliminer les cultes païens. Il conquiert ainsi l’Idumée et la Philistie.

Antiochos IV meurt misérablement après avoir tenté de piller un autre temple et les opérations militaires se poursuivent car son successeur, Antiochos V, tente d’aider les Grecs harcelés par Judas. Cependant, pour obtenir enfin la paix à son royaume, Antiochos V conclut avec Judas un accord donnant aux Juifs la liberté religieuse.

A la mort d’Antiochos V, c’est Démétrios qui monte sur le trône. Judas conclut une alliance avec les Romains ce qui détermine Démétrios à lui livrer combat. Judas meurt au combat en 160 AC.

C’est alors son frère, Jonathan, qui prend la tête de la révolte. Devenu grand-prêtre du Temple de Jérusalem, il n’en demeure pas moins avant tout un chef de guerre. À ce titre, il mène des intrigues contre les souverains grecs qui se succèdent, n’hésitant pas à les trahir en établissant des relations diplomatiques avec Rome et Sparte, Jonathan est fait prisonnier par un prétendant au trône : Tryphon.

Simon, frère de Judas et de Jonathan, prend  la relève et expulse Tryphon de Judée. Jonathan est exécuté. Simon finira par être assassiné en 135 AC et son fils, Jean Hyrkan lui succèdera.

 

On pense que l’auteur du premier livre des Maccabées était un Juif de Palestine qui entendait raconter avant tout une histoire religieuse au-delà des évènements politiques et militaires. Juif zélé, il se révèle adversaire déterminé de l’hellénisation d’Israël. Il estime que les malheurs de son peuple sont une punition à la hauteur de son péché et rapporte à l’assistance de Dieu les succès des Maccabées.

 

♦ 2 M

Le second livre des Maccabées est le résumé d’un ouvrage en cinq volumes dont l’auteur est Jason de Cyrène, un Juif de la Diaspora. Il a sans doute été rédigé avant le premier livre des Maccabées vers 124 AC.

Il ne s’agit nullement de la suite de 1 M puisqu’il commence son récit par des épisodes antérieurs à 175 AC et s’achève vers 160 AC. Il est donc en partie parallèle au premier livre.

Le livre a été rédigé en grec et son style est celui d’un prédicateur cherchant à édifier en racontant la guerre de libération conduite par Judas Maccabée et soutenue par Dieu.

L’ouvrage est destiné aux Juifs d’Alexandrie dont l’auteur veut réveiller le sentiment de communauté avec leurs frères de Palestine.

Ce livre est important par les affirmations qu’il contient sur la résurrection des morts, les sanctions d’outre-tombe, la prière pour les défunts, le mérite des martyrs (cf le martyre des sept frères 2 M 7, 1-42) et l’intercession des saints.