Les épîtres de saint Paul

« Dès que saint Paul touche le mot CHRIST, c’est comme si vous mettiez un grain d’encens sur des charbons allumés : tout de suite, l’encens parfume toute l’Église. » (Cardinal Journet)

 

QUI EST SAINT PAUL ?

 

Saint Paul est sans doute la personnalité la mieux connue du Nouveau Testament.

Grâce à deux sources indépendantes, les Actes des Apôtres et les Épîtres, grâce aussi aux comparaisons effectuées avec les évènements historiques contemporains de son existence, on peut établir une chronologie relativement précise de sa vie et de son activité :

 

– 1/6 : naissance à Tarse (aujourd’hui située en Turquie)

– 15/20 : études à Jérusalem

– 34/36 : conversion sur le chemin de Damas, retraite dans le désert, retour à Damas où il prêche

– 37 : 1er voyage à Jérusalem avant d’être ramené à Antioche par Barnabé avec lequel il enseigne.

– 40/ 48 : 1ère mission  à Chypre, en Pamphylie, en Pisidie et en Lycaonie.

– 47/51 : 2ème mission à Corinthe qui est évangélisée, à Philippes et Thessalonique puis retour à Jérusalem où il participe au concile apostolique où l’on admet sous son influence que  les chrétiens issus du paganisme ne sont pas liés par la Loi Juive.

– 52/56 : 3ème mission à Éphèse, en Galatie, en Phrygie.

– 58 : arrestation à Jérusalem et emprisonnement à Césarée de Palestine jusqu’en 60.

– automne 60 : le procurateur Festus envoie Paul sous escorte à Rome où ce dernier reste deux ans.

À partir de cette date, nous ne disposons plus de sources fiables quant à la fin de vie de Paul. Certaines traditions anciennes affirment que son procès aurait été annulé, qu’il se serait même rendu en Espagne puis qu’il aurait été à nouveau emprisonné à Rome et martyrisé entre 64 et 68 sous le règne de l’empereur Néron qui meurt lui-même en juin 68.

 

Milieu familial et formation

Paul est né à Tarse en Cilicie dans une famille juive aisée :

« Je suis Juif de Tarse en Cilicie. » (Ac 21, 39)

Il est issu de la tribu de Benjamin, comme le roi Saul, prédécesseur de David (Ac 21, 39-ss ; Ph 3, 5-ss) d’où plusieurs conséquences :

– on le nomme Saul qui signifie « celui qui a été désiré », on lui attribue aussi un nom romain Paulus, « le petit » ce qui n’a rien d’exceptionnel. Saul prendra définitivement le nom de Paul au moment d’évangéliser les païens, une façon de montrer qu’il se veut désormais universel.

– ses épîtres sont emplies de réminiscences familiales (1 Th 2, 7-8 ; Ep 5, 21-25). Il insiste sur les devoirs mutuels entre époux (Col 3, 18-ss ; Ep 5, 21-32), sur les devoirs des enfants envers leurs parents (Col 3, 20-21 ; Ep 6, 1-3).

– son attachement à la Parole de Dieu telle qu’il a pu la méditer dans l’Ancien Testament.

 

La ville de Tarse est alors une ville importante, un carrefour commercial et un grand port (aujourd’hui disparu à cause de l’ensablement) au croisement des routes de l’Inde et de l’Europe. On y négocie le cilice, un tissu grossier fait de poils de chèvre pour fabriquer les tentes.

Tarse est aussi un carrefour de civilisations : Juifs, Grecs et Romains font de cette « cité grande et heureuse » (Xénophon) une ville cosmopolite et intellectuelle. On y trouve une école de droit romain et une école de philosophie dont la réputation égale alors celle d’Athènes et d’Alexandrie. La pensée de Platon et de Socrate, le stoïcisme y sont enseignés.

Tarse connaît alors un véritable syncrétisme religieux où races et confessions se mélangent : Grecs, Romains, Crétois, Espagnols associent leurs dieux et leurs cultes sans esprit d’exclusion : culte de Mithra, d’Adonis, cultes militaires…

Enfin Tarse est une cité loyale à Rome : on la surnomme Juliopolis (ville de Jules César).

 

Étant de famille aisée, Paul peut être envoyé à Jérusalem vers l’âge de 15 ans pour devenir rabbin.

Il est alors l’élève de Gamaliel, un grand érudit à l’esprit très libéral (Ac 5, 34-39). Il faudra beaucoup de temps à Paul pour acquérir la tolérance de son maître.

À l’école de Gamaliel, Paul apprend d’abord la Bible, puis à la commenter et à développer ses dons d’orateur. Pour commenter la Bible, Gamaliel lui enseigne la méthode contenue dans le midrash qui veut dire recherche (exégèse), le commentaire de la Loi et l’art de prêcher l’Écriture sacrée.

Se destinant à devenir rabbin, Paul apprend aussi un métier manuel : tisseur de tentes.

Tout rabbin avait en effet un métier afin de préserver son indépendance.

 

Au moment où les apôtres commencent à prêcher la Bonne Nouvelle, Paul est un grand persécuteur de chrétiens. Extrêmement zélé (Ac 8, 3 ; 22, 4 ; 26, 10 ; 1 Co 15, 9 ; Ga 1, 13 ; 1 Tm 1, 13), les autorités juives, non contentes de l’utiliser à Jérusalem, l’envoient à Damas pour y poursuivre les chrétiens.

C’est alors qu’a lieu sa conversion, un retournement total de son être.

On trouve et dans les Actes des Apôtres et dans les Épîtres trois récits de cette conversion : Ac 9, 22, 26 ; 1 Co 9, 1-2 ; 1 Co 15, 8 ; Ph 3, 12).

 

Les trois missions de Paul

Avant de commencer sa première mission à Antioche, Paul connaît une période d’épreuves, de maturation et d’apprentissage apostolique.

– Épreuves : il est devenu un signe de contradiction : renégat pour les Juifs de Damas et les Juifs de langue grecque, suspect car ancien persécuteur aux yeux des chrétiens de Jérusalem. Paul doit donc rentrer à Tarse.

– Maturation : rentré à Tarse, Paul reçoit des révélations divines nombreuses (1 Th 4, 15 ; 1 Co 11, 23 ; 1 Co 7, 10-12 ; Ac 22, 17-21, 2 Co 12, 110) et rencontre certains disciples du Christ (Ga 1, 18-19), surtout Pierre.

– Apprentissage de son apostolat : Paul choisit d’abord l’Arabie (Ga 1, 17-19), un royaume au sud de la Mer Morte et dont la capitale était Petra (aujourd’hui en Jordanie).

Puis Barnabé le conduit à Antioche, métropole de l’Orient, troisième ville de l’Empire après Rome et Alexandrie avec 700 000 habitants.

Cité cosmopolite où cohabitent Juifs, Romains et individus venus de l’Orient et de l’Occident.

Beaucoup de païens y sympathisent avec le judaïsme, on les appelle les « craignant-Dieu ». Ce sont eux qui serviront de passerelles vers le christianisme.

C’est à Antioche que les convertis au Christ reçoivent le nom de chrétiens (Ac 11, 26).

Cette ville va servir de tremplin à Paul pour sa première mission (40/48) à Chypre et en Asie mineure.

 

* Première mission : Chypre et l’Asie mineure.

Chypre, riche de son agriculture (blé, vin, huile) et de ses mines de cuivre, est une île très commerçante peuplée de Juifs, de Phéniciens et de Philistins. C’est une province romaine indépendante dont le proconsul, Sergius Paulus, deviendra chrétien. C’est à partir de cette mission à Chypre que Saul deviendra définitivement Paul manifestant qu’il sera désormais l’apôtre des Gentils (Ac 13, 9).

En Asie mineure, les premiers résultats de l’apostolat de Paul sont contradictoires : si à Derbé ou Antioche de Pisidie, les conversions sont nombreuses, il n’en n’est pas de même en Pamphylie ou à Lystres où Paul est d’ailleurs laissé pour mort par une foule haineuse.

 

* Concile de Jérusalem et deuxième mission :

Le concile de Jérusalem (Ac 15, 4-29 ; Ga 2, 1-10) : l’assemblée constate que Dieu appelle aussi les païens. Certains s’en réjouissent mais d’autres exigent des convertis l’observance de la Loi dans sa totalité (comme la circoncision).

Paul parvient à convaincre les apôtres présents : aucune prescription cultuelle n’est exigée des Gentils sauf quatre restrictions : le culte des idoles avec les viandes immolées ; les unions illégitimes interdites par la Loi (Mt 5, 32) ; la consommation du sang et les viandes étouffées. Paul explique ces restrictions par la charité. En effet, il n’est pas charitable de scandaliser un frère donc tout est permis mais tout n’est pas opportun.

La deuxième mission de Paul le mène à Corinthe et dans ses environs. Elle dure près de trois ans.

Corinthe est une grande ville de Grèce (entre 500 000 et 600 000 habitants).

Cité commerçante, elle s’oppose à Athènes, l’intellectuelle. Corinthe est peuplée d’esclaves, de pauvres dockers, de négociants. Ville portuaire, elle abrite aussi un grand nombre de prostituées (1 Co 6, 16). Des échoppes bordent la grande rue conduisant au port et Paul travaille dans l’une d’elles : il y fabrique des tentes et divers objets de cuir :

«C’est en travaillant que nous avons annoncé l’Évangile. » (1 Th 2, 9)

Ses patrons sont d’ailleurs les remarquables Priscille et Aquilas dont Paul partage la vie.

Paul est rejeté avec mépris par les riches qu’ils soient Juifs ou païens à l’exception de quelques notables comme Justus (Ac 18, 7) ou Crispus, chef de la synagogue (Ac 18, 8) dont la conversion provoque la fureur des Juifs.

La communauté chrétienne que fonde Paul est turbulente et loin d’être pure. L’apôtre y déplore de nombreuses dissensions, des scandales, des excès. Église indisciplinée forte d’un grand nombre d’esclaves, véritables forçats au service de leurs maîtres, Église turbulente, immature mais incroyablement vivante, généreuse et fidèle.

À partir de Corinthe, Paul va évangéliser Philippes (Ac 16, 11-38), Thessalonique (Ac 17, 1-9) puis Bérée (Ac 17, 10-15).

Par contre, il se heurte à un échec retentissant à Athènes, terre du savoir, de la richesse et du pouvoir. Emplis d’orgueil, les Athéniens sont incapables de recevoir le message de l’Évangile.

 

* Troisième mission :

Le centre en est Éphèse, une ville située aux portes de l’Asie.

Cité cultivée puisque qu’elle vit la naissance de la philosophie avec les présocratiques dont Héraclite et Thalès de Millet. Cette donnée explique le soin que met Paul à rédiger l’épître aux Éphésiens sur le Christ, seule plénitude.

 

* Dernières années de Paul :

Le temps que l’apôtre passe en captivité est propice à un approfondissement de la doctrine et des erreurs naissantes à Éphèse, Colosses, Laodicée, trois villes où l’on professe déjà un christianisme très intellectuel entraînant le mépris envers les « petits » et envers la matière d’où la théologie de Paul sur la beauté du mariage chrétien (Ep 5, 25-33).

Malgré sa captivité, Paul continue d’annoncer la Bonne Nouvelle du Salut, le Christ ressuscité.

La Tradition la plus ancienne rapporte que Paul fut martyrisé sous Néron. Le pape Clément, dans sa lettre aux Corinthiens fait d’ailleurs nettement allusion à ce martyre.

 

 

PRÉSENTATION DES ÉPÎTRES

 

Nombre d’épîtres

Elles sont treize, la quatorzième (Épître aux Hébreux), n’est pas de Paul.

Souvent l’apôtre a dicté ses lettres.

 

Classement

On peut retenir deux types de classement :

– le classement biblique : il a été fait en fonction de leur longueur décroissante comme dans une bibliothèque : Romains, Corinthiens 1 et 2, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens 1et 2, Thessaloniciens 1 et 2, Timothée 1 et 2, Tite, Philémon.

Moyen mnémotechnique pour retenir cet ordre : Rococo Gaephphi Coltess.

– le classement doctrinal :

* 4 épîtres où le salut par le Christ est mis en évidence : Romains, Corinthiens 1et 2, Galates.

* 3 épîtres christologiques où Paul insiste sur le Christ, Tête du Corps mystique de l’Église : Éphésiens, Philippiens, Colossiens.

* 3 épîtres pastorales où l’apôtre énumère les moyens de bien gérer une communauté chrétienne : Timothée 1 et 2, Tite.

* 1 épître sociale traitant de l’esclavage : Philémon.

* 2 épîtres eschatologiques : Thessaloniciens 1 et 2.

 

Structure d’une épître et style de Paul

Les épîtres observent le plan classique de toute lettre de cette époque. Elles comptent donc un prologue, un développement et une conclusion.

– Le prologue s’ouvre sur une formule habituelle de politesse même si Paul emploie des mots très simples qu’un érudit de son temps aurait dédaignés.

– Le corps de la lettre est généralement divisé en deux :

* une partie dogmatique,

* une partie morale (parénètique).

Mais pour Paul, il ne s’agit jamais de séparer le dogme de la morale, au contraire, il s’agit d’allier les deux en ne retenant qu’un mot d’ordre : Le Christ vit en moi (Ga 2, 20).

 

Juif de Tarse, Paul parlait le grec, l’hébreu et le latin. S’agissant d’écrire en grec, Paul utilise des termes relevant du style courant et non soutenu. Il y mêle parfois des tournures hébraïsantes.

Quant à son style, on note chez l’apôtre un goût particulier pour les formules vigoureuses et l’argumentation, toutes choses liées à sa formation de rabbin. Par ailleurs, il affectionne les images comme les prophètes de l’Ancien Testament qu’il connaît admirablement.

 

RAPIDE ANALYSE  DES ÉPÎTRES

 

Épître aux Romains

C’est une lettre équilibrée et unifiée où court un seul fil rouge :

un seul salut par une seule foi dans un seul Christ Seigneur.

 

Le plan en est simple :

– présentation du thème (Rom 1, 1-17),

– salut par la foi en Christ (Rom 1, 18 à Rom 11),

– conséquences de la justification par la foi : les exigences de la foi chrétienne (Rom 12 à Rom 15, 1),

– conclusion : recommandations.

 

Épîtres aux Corinthiens 1 et 2

– La première épître est une réponse aux questions des chrétiens de Corinthe. Il s’agit de réponses très concrètes sur des thèmes comme le mariage, la sexualité, les tribunaux, le jeûne…

Le plan :

* questions ecclésiales (1 Cor 1 à 4) sur les dissensions au sein de la communauté,

* questions morales (1 Cor 5 à 10) : libertins contre rigoristes, impuretés, mariage, célibat…

* questions liturgiques (1 Cor 11 à 14)

* une question dogmatique (1 Cor 15) : la résurrection des corps.

 

– La seconde épître insiste surtout sur les problèmes rencontrés par Paul à l’intérieur de la communauté chrétienne de Corinthe, toujours turbulente et où l’apôtre a dû beaucoup se défendre. Paul s’y livre totalement dans la joie comme dans les larmes.

Un plan en trois parties :

* une lettre de réconciliation (2 Cor 1-7),

* une lettre de collecte en faveur des chrétiens de Jérusalem (2 Cor 8-9)

* une lettre de défense dans la douleur (2 Cor 10-13).

 

Épître aux Galates

Elle est très importante en ce qu’elle reprend le Sermon sur la Montagne et annonce la Nouvelle Loi qui perfectionne l’ancienne. Cette nouvelle Loi infuse l’esprit de charité qui est esprit de liberté.

Plan :

* introduction  (Ga 1, 1-10) : le thème est annoncé : un seul Évangile est vrai, celui du Christ prêché par Paul.

* 1ère partie (Ga 1, 11-21) : Paul se présente car les judaïsants le contestent.

* 2ème partie (Ga 3 à 5-12) : Paul présente la doctrine de la liberté chrétienne : la source de la liberté n’est pas la Loi mais la foi.

* 3ème partie (Ga 5, 13 à 6, 10) : les fruits de la liberté chrétiennes sont les fruits de l’Esprit Saint.

* conclusion (Ga 6, 11-17) : quelques recommandations.

 

Épître aux Éphésiens

Il s’agit d’une magnifique méditation spirituelle sur l’Église, le rôle du Saint-Esprit dans l’Église qui illumine le dessein et le salut formés par Dieu, habite en permanence dans l’Église qui est son Temple et enracine le chrétien dans l’Amour véritable (Ep 3, 16-19) :

« Cherchez dans l’Esprit votre Plénitude » (Ep 5, 18).

 

Épître aux Philippiens

Ici, l’amitié de Paul envers cette communauté chrétienne est saillante. L’apôtre laisse parler  sa tendresse pour elle et son affection est partout présente. Il n’y a pas de plan, l’émotion guide Paul : « Frères bien-aimés et tant désirés, ma joie et ma couronne » (Ph 4, 1 à 15).

Lors de sa rédaction, Paul est en prison et comme tous les prisonniers du temps, il doit compter sur le secours de ses proches pour être nourri. Or, les chrétiens de Philippes répondent avec une grande générosité à ses besoins matériels.

On sait que ce fut la communauté chrétienne la plus chère au cœur de Paul qui n’oublie pas cependant de l’appeler à l’humilité afin d’imiter le Christ.

 

Épîtres aux Colossiens 1 et 2

Le Christ y est présenté comme le Chef de l’Église qui est non seulement communautaire et institutionnelle mais aussi réalité cosmique.

Les deux épîtres sont illuminées par la réflexion sur le Christ :

« Le Christ est tout et Il est en tout » (1 Col 3, 11).

 

Épîtres aux Thessaloniciens 1 et 2

– La 1ère épître est en fait le plus ancien écrit du Nouveau Testament. En effet, les épîtres de saint Paul ont toutes été écrites avant la rédaction du premier Évangile, celui de Marc. Saint Marc termine son Évangile vers l’an 65, date à laquelle Paul est  lui-même sans doute déjà mort.

Donc, tous les écrits provenant de Paul ont été envoyés vers les différentes communautés auxquelles ils étaient destinés avant le début de la circulation des Évangiles.

Cette 1ère épître est une réflexion sur l’eschaton, la fin des temps, quand le Christ reviendra dans sa gloire afin de ressusciter tous ceux qui sont déjà endormis et d’accomplir ainsi l’œuvre de Salut pour laquelle Il s’est incarné.

– La seconde épître fut sans doute écrite quelques mois après la 1ère.

Le style en est violent, apocalyptique et résulte du sentiment de peur que ressentait alors la jeune Église. En effet, beaucoup de chrétiens étaient alors persuadés que le Christ reviendrait avant que le premier chrétien ne meure. Ce retard dans la Parousie tant attendue suscita des doutes et des questionnements : quand et où viendra-t-Il ? Tel chrétien est mort et cependant le Christ n’est pas venu : cela signifie-t-il que ce chrétien est privé du Salut ?

L’épître est pour Paul le moyen de rassurer les chrétiens et de les exhorter à l’espérance au sujet des morts.

 

Les trois épîtres dites « pastorales » : Timothée 1 et 2 et Tite

Beaucoup d’exégètes contemporains pensent que ces trois textes ont été écrits par un disciple de Paul et non par l’apôtre des Gentils car le ton et la langue sont différents des autres épîtres.

Ces trois lettres abordent diverses questions d’ordre pastoral  et notamment des conseils pour l’établissement des prêtres qui sont une petite théologie du sacerdoce ainsi que des considérations sur la famille, cellule-mère de l’Église.

 

Épître à Philémon

Onésime, un esclave de Philémon, le destinataire de la lettre, a été converti par Paul. Or, l’esclave vole son maître et s’enfuit à Rome où il est aisé de se cacher. Ayant bientôt dépensé tout l’argent de son maître, Onésime va trouver Paul, ami de Philémon et prisonnier.

Après avoir hésité, Paul renvoie Onésime à Philémon et écrit une lettre à ce dernier.

L’apôtre rappelle que la vraie fraternité se trouve dans le Christ. Ainsi, l’esprit du Christ fait éclater l’esclavage grâce à la révolution de l’amour. Paul suggère à Philémon d’affranchir Onésime pour aller jusqu’au bout de la fraternité en Christ.

Il s’agit d’une belle communion de la pensée et de l’action, communion qui se reproduira souvent dans l’histoire du christianisme et conduira à la modification en douceur des institutions humaines grâce à des principes chrétiens clairs.

 

« Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Et qu’est-ce que Paul ?

Des serviteurs par qui vous avez embrassé la foi, et selon ce que le Seigneur a donné à chacun.

Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui faisait croître.

Ainsi donc, ni celui qui plante n’est quelque chose, ni celui qui arrose,

mais celui qui fait croître, Dieu ! » (1 Co 3, 5-9)