Homélie du dimanche de la Sainte Trinité

18 mai 2008

ANNÉE 2008-A 

Benoît Aubert, prêtre

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 Ex 34, 4…9 ; Ct (Dn 3) ; 2Co 13, 11-13 ; Jn 3, 16-18


Récemment, je travaillais avec d’autres sur le carnet du pèlerin pour les Journées Mondiales de la Jeunesse de Sydney. Le plus difficile était de trouver des titres accrocheurs pour donner envie à nos futurs lecteurs de se plonger dans ce guide. L’un des titres les plus réussis étaient certainement le suivant : la Trinité, c’est simple.

 

Soyons clair : la Trinité n’est pas une réalité facile à comprendre mais elle n’est pas inaccessible. Il me semble que la meilleure approche est celle qui est suggérée par les textes d’aujourd’hui.

 

 Dans la première lecture, il nous est rapporté ce moment unique où Dieu Lui-même prend la parole et révèle à Moïse qui Il est Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. Le Dieu d’amour auquel nous croyons, nous ne l’avons pas inventé, c’est Lui qui se dévoile ainsi depuis Moïse. Par la parole donc, mais aussi par ce geste inouï du don de son Fils :  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique nous dit Jean dans son évangile.

 

Si notre Dieu est un Dieu d’amour, alors nous comprenons facilement qu’Il n’est pas un Dieu solitaire mais un Dieu communion. Et Dieu n’est pas d’abord un Dieu amour parce qu’Il aime les hommes mais bien parce qu’à l’intérieur de Dieu, l’amour circule entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint : notre Dieu est un Dieu de communion. Rien d’étonnant donc à ce que notre Dieu soit le trois fois saints.

 

Mais alors est-il toujours un Dieu unique ? [Silence] Là encore, la révélation du Dieu amour vient à notre secours… L’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint est tellement fort, qu’Il les unit au point qu’ils ne font plus qu’Un. L’image de l’amour humain peut nous aider à mieux comprendre ; dans le mariage, il y a bien un homme et une femme, mais l’amour qui les lie les amène à constituer un unique couple, une seule chair nous dit la Bible. Jean-Paul II n’hésitait pas à dire que c’est dans l’acte conjugal, c’est-à-dire dans l’acte sexuel entre deux époux, que se dit le mieux l’être de Dieu car l’unité entre les personnes y est la plus forte : union des corps, des cœurs et des âmes.

 

 J’ai essayé d’être le plus simple possible et de vous montrer la vérité de notre foi en un Dieu Trinité. Je crois que pour aller plus loin, il y a plusieurs moyens. Je vous en donnerai trois.

 

 Tout d’abord, il est bon que nous ne cessions pas de nourrir notre intelligence : par exemple, en nous interrogeant sur ce qu’est exactement une personne divine. Si nous pensons personne divine, comme nous pensons personne humaine, nous risquons de nous enfermer dans une impasse. Je me permets de vous indiquer une lecture simple, réalisée par un curé de paroisse : Dieu n’est pas solitaire de Jean-Noël BEZANÇON (édition Desclée de Brouwer).

 

 Ensuite, la deuxième lecture résonne comme une invitation à entrer dans l’intimité de Dieu, dans le foyer d’amour de la Trinité. C’est cette phrase que nous entendons souvent au début de nos eucharisties : Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. C’est aussi cette belle icône de la Trinité de Roublev. On a l’impression que ceux qui prient devant cette icône ferment le cercle constitué par les trois Personnes de la Trinité.

Plus nous prendrons le temps de vivre cette communion avec Dieu, principalement dans la prière, plus nous grandirons dans notre compréhension de la Trinité.

 

 Enfin, je crois également que plus nous vivrons la communion entre nous, plus nous serons apte à comprendre le mystère de la Trinité. C’est l’expérience très forte qu’a vécue le père Thomas Philippe au contact des personnes avec un handicap mental. Cofondateur de l’Arche avec Jean Vanier, il avait bien compris que ces personnes vivent davantage de la communion que de la compétition, qu’ils avaient une grande capacité d’accueil de la présence d’un autre.

 Il avait tout de suite saisi comment cette capacité cachée les rendait plus ouvertes à accueillir la présence du Dieu d’amour.

 

 Faire fonctionner nos neurones, vivre pleinement la communion avec Dieu et avec nos frères : voilà déjà quelques chemins à explorer pour que ce mystère de la Trinité devienne simple pour nous. Demandons cette grâce à notre Seigneur.
 

AMEN !