Homélie de la Fête du Saint Sacrement
25 mai 2008
ANNÉE 2008-A
Benoît Aubert, prêtre
Dt 8, 2-3.14b-16a ; Ps 147 ; 1Co 10, 16-17 ; Jn 6,
51-58
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La fête du saint Sacrement
du corps et du sang du Christ est toujours la bienvenue car elle nous permet de
nous réinterroger sur notre lien à l’Eucharistie. Cette interrogation est
essentielle et cela pour au moins deux raisons : Voilà au moins de bonnes raisons d’être attentif et d’écouter ce qui va suivre. |
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Prenez dix chrétiens qui communient et demandez-leur de vous parler de la messe, il y a pas mal de chance pour qu’au final, on ait dix réponses différentes. Chacun approche le mystère eucharistique à sa façon en fonction de ce à quoi il est le plus sensible. |
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Vous commencez à me connaître et donc vous savez que je vois l’Eucharistie à travers le prisme de la transformation : l’Eucharistie nous transforme petit à petit en un autre Christ. Je ne dis pas ça parce que ça me fait plaisir, quoique ce soit vrai, mais parce que le Christ nous dévoile cette Bonne Nouvelle : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. C’est même la grâce première de ce sacrement : à chaque fois que nos communions, nous sommes davantage unis à notre Seigneur ; au point que nous finissons par lui devenir semblable si nous accueillons cette grâce. |
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Rassurez-vous, je vais essayer de changer un peu mon discours habituel : cette union, fruit de notre communion, elle n’est pas simplement avec le Christ-Tête, qui est la personne du Fils, elle l’est aussi avec le Corps du Christ qui est l’Église. En clair, à chaque fois que nous vivons la messe, nous sommes davantage unis à nos frères chrétiens. Il existe une union mystique entre les membres de notre Église, à commencer dans notre communauté paroissiale de Notre Dame d’Espérance (de Saint Louis-Saint André). |
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Cette unité mystique est un grand cadeau ; et une bonne façon de remercier notre seigneur est certainement de participer, à notre mesure, à la construction humaine de cette unité. Pour se faire, il est judicieux de s’appuyer sur les trois dimensions majeures de la vie chrétienne : la prière, l’annonce de la Bonne Nouvelle, et le service des frères. |
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Commençons par la prière. Le simple fait de se rassembler le dimanche pour louer ensemble le seigneur et pour manger un même pain est un facteur d’unité. Réentendons la seconde lecture : Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. Mais cette prière commune qui nous unit ne peut pas s’arrêter à cette heure vitale de la messe dominicale. Est-ce que j’ai vraiment le souci de porter ma communauté paroissiale et l’Église, au sens large, dans ma prière quotidienne ? [silence] Est-ce je prie pour la progression spirituelle de mes frères chrétiens ? [silence] Est-ce que je profite des temps de prière, proposés à Notre Dame d’Espérance (à saint Louis) dans la semaine, pour prier avec d’autres paroissiens ? [silence] |
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Continuons : l’annonce de la bonne Nouvelle est un projet commun qui ne peut que faire grandir notre unité. D’abord, parce que tout projet commun bien mené entraîne une plus grande connaissance de l’autre et un respect mutuel. J’en veux pour preuve les activités missionnaires que nous avons sur nos paroisses de Villemomble. Elles permettent effectivement aux paroissiens qui y participent de mieux se connaître dans un contexte parfois difficile. Ensuite, parce que l’unité est un préalable nécessaire à toute activité missionnaire. Souvenez-vous cette phrase magnifique de Jésus, rapportée dans l’Evangile de Jean : C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. Comment annoncer un Dieu amour, si on est incapable de s’entendre et d’être uni ? [silence] Ce n’est pas pour rien que Jésus envoyait ses disciples 2 par 2 sur les chemins de Galilée et de Judée… |
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Enfin : le service des autre. Il aurait certainement fallu commencer par là. L’amour fraternel demeure le ciment qui fait l’unité dans nos communautés paroissiales. Je prends l’exemple traditionnel mais ô combien significatif de nos sorties de messe : est-ce que j’accepte de donner un peu de mon temps pour rester après la messe et rencontrer ceux avec qui j’ai prié ? [Silence] Est-ce que je suis prêt à être dérangé, à donner vraiment du mien, pour écouter l’autre ? [Silence] Est-ce que je suis d’accord pour aider tel ou tel paroissien quand j’apprends qu’il est en difficulté ? [silence]
(Sans développer ce dernier point, j’ajoute juste que plus notre charité sera universelle, c’est-à-dire tournée vers tous, plus notre charité et notre unité paroissiales seront fortes.) |
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Prier ensemble, vivre la mission
ensemble, aimer ensemble : voilà trois chemins qui nous permettront sans aucun
doute de répondre à cette formidable unité que Dieu veut pour nous et qu’Il nous
offre dans chacune de nos eucharisties. AMEN
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