Homélie du 9ème dimanche ordinaire

1er Juin 2008

ANNÉE 2008-A 

Benoît Aubert, prêtre

Pour dialoguer avec vos prêtres, vous pouvez envoyer un message à

baubert_sem@hotmail.com

 

 

Dt 11, 18…32 ; Ps 30 ; Rm 3, 21…28 ; Mt 7, 21-27


J’ai toujours entendu dire que pour parler aux personnes, il était bienvenu d’utiliser des images simples. C’est ce que fait Jésus aujourd’hui en utilisant l’image de  la maison bâtie sur le roc.

Quel est ce roc dont fait allusion l’évangile d’aujourd’hui ? [Silence] Jésus-Christ bien sûr. Alors nous comprenons facilement que  bâtir sa maison sur le roc  revient à choisir Jésus-Christ pour construire sa vie.

 

Choisir Jésus-Christ, c’est ce que vous faites, de façon plus ou moins consciente, en participant à cette messe, en venant à l’aumônerie, au FRAT, ou à n’importe quelle autre activité d’Église, en priant chez vous, pourquoi pas en famille,…

 

Choisir Jésus-Christ, c’est accepter d’être mis en marche par son exemple et de s’engager sur un chemin de vie. Et pour rester sur ce chemin de vie, il vous faut appliquer cette formule fondamentale v=V # Accorder ma volonté (=v) à celle de Dieu (V). Nous l’avons encore entendu aujourd’hui dans l’évangile :  pour entrer dans le Royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Arrêtons-nous sur cette question : comment faire la volonté de Dieu ? [silence]

 

 Il faut d’abord entendre Dieu nous parler et nous dire ce qu’Il attend de nous. Nous savons très bien que Dieu ne s’adresse pas à l’homme en se penchant vers Lui du haut du Ciel et en lui exprimant sa volonté dans le creux de l’oreille. Dieu choisit d’autres moyens pour se faire entendre. Je me contenterai d’en présentez deux.

Pour le coup, ouvrez bien vos oreilles !
 

 

Tout d’abord, Dieu nous parle à travers sa Parole, c’est-à-dire à travers les textes de la Bible, Ancien comme Nouveau Testament.

Je vous donne un exemple très simple :

Celui qui devait devenir saint Antoine, le premier moine (IIIe-IV : il vécut 105 ans), s’interrogeait depuis un moment sur ce que Dieu voulait pour lui. Il se savait appelé à une mission spéciale. Sa réflexion trouva un aboutissement au cours d’une messe où le texte de l’évangile était celui de la rencontre de Jésus avec l’homme riche. Il entendit Dieu s’adresser à lui à travers ces mots de Jésus :  Va, vends tout ce que tu as ; donne-le aux pauvres et suis-moi.

 Il sortit de l’église, donna tout ce qu’il avait aux pauvres et partit dans le désert pour vivre la première expérience monastique connue dans l’histoire de l’Église.

 

  Si nous voulons entendre la volonté de Dieu, il nous faut donc commencer par nous intéresser à la Bible.

Il ne suffit pas de l’entendre occasionnellement d’une oreille distraite. Vous savez bien que parfois nous écoutons les textes de la messe sans les entendre vraiment.

Au contraire, il s’agit d’entendre, de lire, de travailler les textes bibliques et par-dessus tout d’aimer cette Parole de vie.

Prenons l’exemple de nos frères juifs qui gardent des extraits de la Parole de Dieu dans des petites boîtes de cuir appelées phylactères, ou encore tephilin.

Ainsi ils sont fidèles à ce que nous avons entendu dans la première lecture et ils témoignent de leur attachement à Dieu et à ses commandements.

Nous ne sommes pas obligés de faire de même, ce serait d’ailleurs malvenu, mais pourquoi ne pas témoigner de notre amour de la Parole en ayant une Bible chez soi, et une Bible ouverte, prête à servir ?

 

  Une deuxième façon d’entendre la volonté de Dieu est certainement de scruter les signes que Dieu ne cesse pas de nous manifester.

Je prends cette fois-ci l’exemple de mère Teresa. Quand elle arriva en Inde, elle venait pour enseigner auprès d’enfants riches de ce pays.

Après quelques années, dans un train, elle vit des pauvres comme elle en avait vu des centaines d’autres. Mais cette fois-ci, elle comprit, à travers ce qu’elle voyait, que Dieu l’appelait à se mettre au service de tout homme qui souffrait.

Nous savons bien comment tout cela a fini…

 

 Je crois avec force que Dieu ne cesse pas de nous envoyer des messages, comme il l’a fait pour mère Teresa : peut-être que vous en avez reconnus quelques-uns, peut-être pas…

En tout cas, la meilleure façon de ne pas être aveugle, c’est de ne pas subir sa vie : par exemple, en prenant du recul pour en chercher le sens, en se demandant comment Dieu est présent dans notre vie de tous les jours,…

Prenons régulièrement du temps pour réfléchir aux événements de notre vie et y entendre la volonté de Dieu pour nous. On n’est jamais trop jeune pour commencer.

C’est simple : que c’est-il passé aujourd’hui ? Comment Dieu était présent ? Qu’a-t-il cherché à me faire comprendre ?

 

 Vous savez bien qu’entendre ne suffit pas. Ensuite, il s’agit de mettre en pratique ce que Dieu nous demande. Je n’ai pas le temps d’aller plus loin pour aujourd’hui mais je vous laisse au moins une piste.

Demandez dans votre prière que Dieu fasse grandir en vous la foi : la foi en un Dieu qui veut notre bonheur, qui sait comment nous y conduire et qui nous en donne les moyens.

 

 

  Nul doute que la foi sera un moteur formidable pour nous donner le désir d’accomplir la volonté de Dieu et de bâtir notre vie sur un roc qui jamais ne s’effondre.

C’est cette croissance de notre foi que nous pouvons demander à Dieu dans cette eucharistie.
 

AMEN !