Homélie du dixième dimanche ordinaire
La miséricorde
8 Juin
ANNÉE 2008-A
Claude Scheublé, diacre
Lecture
de l'évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9, 9 - 13
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9 Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. |
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10 Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. |
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11 Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » |
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12 Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. |
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13 Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » |
Homélie
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Cet Evangile vient nous rappeler au plus intime de nous-mêmes notre identité de chrétien, de disciples du Seigneur au milieu d’un monde difficile à vivre, traversé comme au temps de Jésus par les clivages de la société, par les catégories que nous plaquons sur les hommes de notre temps. |
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Il n’ y a probablement pas d’enseignement sur les rapports humains plus audacieux que celui que nous donne Jésus ,qu’Il nous démontre par sa vie. L’homme pour Jésus c’est l’esprit et la chair qui se co appartiennent, de telle sorte que lorsqu’il nous parle de l’humain il revoit au divin, et lorsqu’il nous parle du divin il nous revoit aussitôt à l’humain. C’est aussi le sens de l’enseignement qui vient d’être donné dans les chapitres qui ont précédé le récit d’aujourd’hui.
Ce sont : les Béatitudes, le Notre Père, et plusieurs actes de guérison (guérison de l’homme :corps et esprit) . A tout cela succède le récit de ce Dimanche qui met en scène non seulement Jésus et son entourage, mais qui nous est adressé à tous ce matin , comme aux toutes premières communautés pour lesquelles il avait été écrit. Il faut savoir y lire un triple appel adressé au cœur de chacun de nous : appel à accueillir, à faire miséricorde, à guérir. |
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Je vous propose donc ce matin de mettre en œuvre l’ intelligence du cœur que nous donne l’Esprit pour interpréter et vivre dans notre quotidien, la miséricorde dont nous parle Matthieu.
Jésus vient de guérir le malade paralysé, il a été relevé de son péché, il l’a remis debout (même mot que pour ‘résurrection’), Il a redonné à l’homme son autonomie Lève toi et marche, scandale pour les Juifs.
Il se prépare à quitter : Capharnaüm. Matthieu nous dira ailleurs que Capharnaüm est le village ou Jésus a habité. Ce nom de village signifie en hébreu (Kfar, village et Nahum, compassion / consolation). Ainsi, le lieu où habite notre Seigneur s’appelle compassion, et consolation. Jésus nous en fait maintenant la démonstration pratique et ce faisant ajoute au scandale des Pharisiens.
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C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices. |
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Saint Augustin commente en disant : La miséricorde c’est la compassion pour la misère d’autrui, celle qui nous pousse à le secourir (Civ.D.ix,5).
Miséricorde se dit ELEOS en grec, et c’est elle que nous demandons au Seigneur chaque fois que nous nous préparons à partager SON repas : Kyrie Eleison. |
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Qu’implique pour nous cet appel réitéré à la miséricorde de Dieu : Kyrie Eleison ? |
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Cette supplique au Dieu miséricordieux nous la faisons d’abord pour nous même qui prenons part au repas de Matthieu et de Jésus, avec les publicains et les pécheurs ; nous, qui avons sans cesse besoin d’être appelés et remis debout pour dépasser nos propres pharisaïsmes…ceux que nous excluons, que nous trouvons peu fréquentables, ‘nos publicains d’aujourd’hui’! |
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Les exclusions que nous faisons autour
de nous (entre amis, parfois dans une même famille :on ne se parle plus, on
est fâché..), les exclusions que pratique notre société, et que nous
préférons ne pas trop entendre car elles dérangent (avons-nous entendu, le
cri d’alarme des Evêques de la CE cette semaine nous demandant
de ne pas
« ignorer la réalité de la situation de beaucoup de migrants, réfugiés et
demandeurs d’asile et les drames qu’engendrent l’exclusion et le retour
forcé. |
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Mais aussi dans notre propre Eglise, nous pouvons chercher s’il n’ y a pas des exclusions, des situations que nous pourrions contribuer à faire avancer, à pacifier. Kyrie Eleison ! Veillons à ne pas tenir la place des Pharisiens de l’Evangile : Jésus vient justement nous dire qu’il est venu pour tous ceux que l’on rejette. |
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Enfin peut-être penserez vous que tout cela n’est que mots et vœux pieux ? Mais on aurait pu aussi dire cela des Paroles de Jésus et pourtant son Evangile a changé le monde. La miséricorde de Dieu nous précède de toujours ! Il faut lui laisser toucher nos cœurs et nos têtes ! Les petits pas quotidiens apparemment insignifiants finiront par faire de nous des vrais disciples de miséricorde : |
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Parlez et agissez comme des gens qui doivent être jugés par une loi de liberté. Le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement Jc 2,12.
AMEN
! |
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